L’atelier d’Eva Jospin

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 20 mars 2013 - 345 mots

Les anciens entrepôts frigorifiques de la SNCF, situés non loin des tours de la Bibliothèque nationale, ont été abandonnés dans les années 1970 et rapidement occupés par de nombreux « créatifs » avant d’être entièrement viabilisés au fil du temps. Mais leur aménagement a été rendu complexe par l’ancienne activité du lieu ; y creuser des ouvertures et convertir l’endroit en véritables ateliers s’est révélé une gageure.

Eva Jospin est entrée dans cette communauté de quelque deux cents artistes en 2007 et, confie-t-elle, « au départ, cela n’a pas été évident d’apprivoiser cet endroit ; s’il était beau, il était aussi difficile et j’avais du mal à me l’approprier. Cela m’a poussée à changer complètement mon travail. » On la comprend aisément devant le volume massif et puissant qui lui sert d’atelier. Ses forêts pourtant imposantes – des bas-reliefs de cartons superposés sur plusieurs mètres – semblent presque y flotter et le matériel s’accumule sans encombrer. Un luxe en plein Paris.

C’est depuis son emménagement dans ces lieux rugueux que sa carrière a pris son envol, les expositions se multiplient, encore ce mois-ci entre les Gobelins à Paris et Marseille, et son œuvre se pare d’une assurance convaincante. Pour la jeune artiste, la richesse des Frigos tient à la multiplicité des profils d’artistes rassemblés au fil des étages. « On se sent moins isolé. » C’est un réel atout, comme la présence de deux restaurants associatifs qui permettent de prendre une pause en collectivité lorsque l’isolement se fait trop intense entre ces murs épais de 70 cm, des mille-feuilles de béton et de liège

Son musée préféré à Paris

L’institution qu’Eva préfère reste Beaubourg. Elle la fréquente depuis son adolescence, ne se lassant pas de la mixité des échanges : « J’ai beaucoup de souvenirs liés à cet endroit dont j’aime l’ambition de mélanger les arts, c’était tellement nouveau à l’époque. Je m’y rendais avec mes copines et on n’allait pas voir d’expo. On aimait l’endroit, le quartier, ça nous semblait différent. » Aujourd’hui, elle lui reste fidèle, tant pour ses spectacles que pour ses expositions.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°656 du 1 avril 2013, avec le titre suivant : L’atelier d’Eva Jospin

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