Mercredi 19 décembre 2018

L’art à 360°

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 9 juin 2006 - 673 mots

La foire Art Basel lance une nouvelle section, « Art Premiere ». Celle-ci cherche à réunir de jeunes galeries
plus habituées au « off ». Elle ouvre aussi une porte du côté de l’exotisme

Pour une « première », c’en est une et dans tous les sens du terme ! Condamnée à toujours innover pour maintenir un sentiment de dynamisme et garantir son statut de leader parmi les foires d’art contemporain, Art Basel inaugure cette année une nouvelle section, dénommée « Art Premiere ».
Pour son baptême, cette dernière regroupe douze participants venant de trois continents et souhaite porter son attention sur une « génération montante » de marchands. Une notion somme toute assez vaste et dont les contours demeurent pour le moins flous. Le management de la foire semble d’ailleurs avoir un peu tâtonné avant de définitivement fixer les critères pour procéder au choix des exposants. Membre du comité de sélection, Florence Bonnefous (Air de Paris, Paris) souligne que l’attention s’est finalement portée sur « des galeries jeunes qui présentent des artistes jeunes et effectuent un travail qu’ils souhaitent exporter internationalement ». Des critères pour le moins ouverts!
Regroupant des enseignes aussi diverses que Herald Street (Londres), Nature Morte (New Dehli), ou China Art Objects Galleries (Los Angeles), « Art Premiere » leur offre de participer à Art Basel à des conditions financières avantageuses. La surface imposée de 35 m2 est facturée 13 500 francs suisses HT (8 647 euros), soit un prix au mètre carré de 385 francs suisses HT (246 euros), loin des 440 (282 euros) demandés dans la section générale pour des stands dont la superficie, en outre, ne peut être inférieure à 60 m2.
« Art premiere » favorise cette année des galeries qui font pour la plupart leur première entrée à Art Basel. Seules Catherine Bastide (Bruxelles), Francesca Pia (Berne) et Maccarone Inc. (New York) ont fait partie de la section « Art Statements » en 2005. La première annonce une maquette de Jean-Pascal Flavien, un dessin de David Colosi et de belles photographies d’Ola Rindal. La seconde exposera de grandes peintures de Wade Guyton ou des sculptures des Écossais Joanne Tatham et Tom O’Sullivan.

Labyrinthe d’eau
La majorité des autres galeries arrive directement de Liste, la foire off. Tel est le cas de gb agency (Paris), Gregor Podnar (Ljubljana), Reena Spauldings Fine Art (New York), Zero (Milan), Herald Street (Londres), Johann König (Berlin) et Winkelmann/Berlin (Berlin).
Ce dernier présentera des photos abstraites et colorées de Katarina Löfström (The Reeperbahn-Series 1-4, 2006), des toiles de Stéphane Dafflon ainsi que les minimaux et ironiques volumes blancs de Stef Burghard, dont la linéarité est rompue par l’insertion d’une revue d’art en leur sein (Untitled (Artforum), Untitled (Texte zur Kunst)…, 2006).
Chez gb agency, les collectionneurs retrouveront un accrochage finement conçu, regroupant Robert Breer, Pia Rönicke, Roman Ondák et Loris Gréaud, ainsi que l’installation vidéo Godville Portraits (2005) d’Omer Fast. Vidéo encore sur le stand de Zero (Milan) qui montrera les actions décalées filmées par Michael Sailstorfer (Mikrophon im Mund, 2006), mais aussi une drôle de pyramide en marbre reliée à un fil de Francesco Gennari (Poco più di una semisfera, 2005).
Très intéressé par les états transitoires, la nature et le mouvement des formes, comme par les impressions rétiniennes laissées au spectateur, Gregor Podnar exposera les photographies de Spherical Vortex (1999-2002) de l’artiste hongrois Attila Csörgö. Son accrochage comprendra aussi l’installation Lighthouse (2006) du Suédois Alexander Gutke : un slide show où les quatre-vingt et une images d’un rectangle blanc décrivent le mouvement rotatif, à 360°, d’une diapositive installée dans le panier d’un carrousel.
Johann König fera la part belle aux vidéos de Michaela Meise ainsi qu’à la présentation d’un projet d’art public de Jeppe Hein, Appearing Rooms (2004), soit un labyrinthe enfermant par intermittence les visiteurs entre des murs d’eau de 2,30 m de haut. Enfin, la galerie dévoilera les travaux de l’artiste péruvien David Zink Yi, qui s’est fait remarquer par la qualité et la précision de ses installations vidéo dénouant les fils complexes des identités culturelles.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°239 du 9 juin 2006, avec le titre suivant : L’art à 360°

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