Dimanche 25 février 2018

La Tate Modern sur les épaules

L’Espagnol Vicente Todoli prend la direction du musée londonien

Le Journal des Arts

Le 22 janvier 2008

Directeur du Musée Serralves de Porto, l’Espagnol Vicente Todoli a été nommé à la direction de la Tate Modern. Personnalité influente de la scène artistique européenne, il succède à Lars Nittve.

LONDRES (de notre correspondant) - Vicente Todoli vient d’obtenir une des fonctions les plus convoitées, la direction de la Tate Modern à Londres. Préféré aux candidats britanniques, il arrive en Grande-Bretagne après avoir été le directeur-fondateur du respecté Musée Serralves à Porto, ouvert en 1996. Cela lui a permis de piloter un très grand projet architectural, de travailler à la constitution de la collection et de réaliser d’excellentes expositions. Jeune et modeste, le musée de Porto attire aujourd’hui 300 000 visiteurs par an. Avant cela, Vicente Todoli a été conservateur en chef (1986-1988), puis directeur artistique de L’Ivam de Valence, la ville où il est né en 1958. Parmi ses autres fonctions, il a été membre des comités consultatifs de l’Institut d’art contemporain d’Amsterdam, du Musée national Reina Sofia à Madrid, et conseiller de Germano Celant pour “Future, Past, Present”, une exposition qui s’est tenue à la Biennale de Venise de 1997. Actuellement, il fait partie de la commission des acquisitions du Musée d’art contemporain de Barcelone (Macba) et conseille le directeur de cet établissement. Enfin, il est également membre du conseil de Manifesta.

Malgré un parcours très ibère, Vicente Todoli est également proche de la culture anglo-saxonne. Il a effectué une partie de sa formation aux États-Unis et a travaillé avec de nombreux artistes internationaux tels que John Baldessari, James Rosenquist, Richard Tuttle, Tony Cragg, Franz West, Gary Hill, Hamish Fulton, Lothar Baumgarten, Roni Horn ou encore Claes Oldenburg. Il a eu l’occasion de collaborer avec la Tate, lors de l’installation l’été dernier de l’œuvre monumentale de Juan Muñoz. Familier de l’art anglais, il prépare actuellement pour le Musée Serralves, qu’il quittera définitivement à la fin de l’année, des expositions de Richard Hamilton et de Francis Bacon. Point d’interrogation : dans quel état Todoli trouvera-t-il la Tate Modern en s’y installant en septembre ? À en croire le retour en Suède de son ancien directeur, Lars Nittve, et le départ d’Iwona Blaswick, directrice des expositions, la situation ne semble pas idyllique. Avec son ambition et sa fréquentation record, la Tate Modern se doit en effet d’être simultanément une attraction touristique et une plate-forme culturelle. Quelle latitude Sir Nicholas Serota, directeur général des Tate, dont on connaît la résistance à déléguer, laissera-t-il au nouveau venu ? L’expérience de Vicente Todoli comme constructeur de musée devrait toutefois permettre une relation forte entre les deux hommes. Au-delà, la nomination du nouveau directeur illustre bien la donne internationale de la création contemporaine, et son curriculum européen devraient favoriser le rôle central de la Tate sur la scène du Vieux Continent.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°151 du 14 juin 2002, avec le titre suivant : La Tate Modern sur les épaules

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