ÉTABLISSEMENT PUBLIC

La Monnaie de Paris reprend des couleurs

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 4 juillet 2019 - 575 mots

Après une année économique 2017 très mauvaise, les comptes de l’établissement public se redressent. Son nouveau patron, Marc Schwartz, reste vigilant.
Paris. Le nouveau patron de la Monnaie a la baraka. Alors que son prédécesseur était parti – très vite –, laissant des comptes 2017 dans le rouge, l’ex-directeur de cabinet de Françoise Nyssen affiche un résultat 2018 plus rassurant. Après un résultat d’exploitation déficitaire de 12 millions d’euros en 2017, l’établissement a nettement redressé la barre avec un résultat de 2 millions d’euros.

Cette embellie est due à l’augmentation des ventes de monnaies courantes. Car si pour le milieu de l’art « la Monnaie » s’incarne dans les très inventives expositions d’art contemporain organisées par Camille Morineau, et que pour le grand public on y achète des monnaies de collection « Astérix », l’activité principale de la plus vieille entreprise de France est la fabrication des euros et des monnaies étrangères : 1,5 milliard de pièces en 2018. Grâce à un cycle économique plus favorable et à la bonne performance des commerciaux, le chiffre d’affaires de cette activité a fortement augmenté. Des facteurs qui ne datent pas de l’arrivée de Marc Schwartz mais dont il bénéficie.
Changement de culture
« Mais nous devons rester très vigilants, prévient le conseiller maître à la Cour des comptes, la fabrication des euros va continuer à baisser et nous avons de sérieux concurrents à l’export. » Pour autant, alors que l’annonce de la monnaie électronique Libra par Facebook alimente le débat sur la disparition programmée de la monnaie physique, il n’hésite pas à affirmer :« Nous voyons bien que les usages évoluent en matière de moyens de paiement mais je ne crois pas à une société sans cash. »

Pour développer ses parts de marché à l’export, Marc Schwartz entend s’appuyer sur l’image patrimoniale de la Monnaie et son site historique situé en plein cœur de Paris que Christophe Beaux, le patron de 2007 à 2017, avait entrepris de restaurer à grands frais (75 millions d’euros). « Ce lieu fait rêver », explique-t-il. S’il est vrai que les bâtiments restaurés, aujourd’hui traversés de passages publics, ont fière allure, on ne voit pas beaucoup de promeneurs dans les allées même si la Monnaie revendique 100 000 visiteurs depuis l’ouverture du « Musée du 11 Conti » en octobre 2017. Et ce n’est pas le menu à 130 euros du restaurant de Guy Savoy installé dans les murs qui devrait faire venir plus de monde.

Si le lieu fait rêver, le quotidien est moins drôle pour les équipes de la Monnaie. Un sou est un sou. L’heure est aux économies. La phase 3 des travaux n’est pas lancée et le chantier de restauration de la dernière cour est suspendu à la recherche de mécènes. La communication est à la diète et le nouveau patron veut se donner le temps de réfléchir à la ligne de la programmation culturelle : « Dès mon arrivée fin 2018, j’ai confirmé le remarquable programme des expositions 2019 », tient-il à préciser. Il n’a également pas remis en cause, et cela se comprend, la privatisation des lieux qui rapporte un peu d’argent.

Outre la recherche de productivité à l’usine de Pessac, en Gironde, l’ancien directeur général adjoint de France Télévisions « veut remettre le client au centre des préoccupations de l’établissement », un changement de culture qui vise plus précisément l’activité Monnaie de collection. Il compte sur son mandat qui court jusqu’en 2022 et son capital de chance pour y parvenir. A priori, le chiffre d’affaires prévisionnel 2019 (135 M€) devrait permettre l’équilibre des comptes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°527 du 5 juillet 2019, avec le titre suivant : La Monnaie de Paris reprend des couleurs

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