Dimanche 25 février 2018

La Joconde pourra-t-elle enfin retrouver ses vraies couleurs ?

Conservateurs, historiens de l’art, restaurateurs donnent leur point de vue

Le Journal des Arts

Le 12 septembre 2008

Un visage au teint clair et non victime d’un ictère, une robe désormais terre de jaune et non plus brune, un paysage où réapparaissent les bleus subtils d’un ciel et d’un lac : ne faudrait-il pas rendre ses couleurs à la Joconde ? Oui, si l’on en juge d’après cette version virtuelle nettoyée sous la direction de l’atelier de restauration de Turin, le Laboratorio Nicola. Chacun s’accorde à reconnaître que des vernis anciens altèrent la lecture de l’œuvre. Laisser le tableau dans cet état est un choix, comme décider d’intervenir. Le Musée du Louvre étudiant l’aménagement d’un nouvel espace pour mettre en valeur son chef-d’œuvre phare, le Journal des Arts considère qu’il est opportun d’ouvrir le débat. Nous avons donc demandé à des spécialistes internationaux s’ils sont favorables à un strict allégement du vernis. Dans le cas de la Joconde, une intervention sur la couche picturale – en bon état – n’est pas à envisager. Nous souhaitons un débat scientifique et sincère car, dans le passé, trop de polémiques où la passion l’a emporté sur la raison ont stérilisé toute action. À travers la Joconde, ce débat pose des questions fondamentales : la mission des musées n’est-elle pas de présenter les œuvres dans l’état le plus proche de celui que recherchait l’artiste ?
Doit-on intervenir sur une peinture uniquement si sa conservation est menacée ? La recherche d’une contemplation fidèle, de la vérité ne justifie-t-elle pas d’oser affronter une vision mythique adoubée par le public ? En un mot, la Joconde serait-elle \"intouchable\" ? S’il n’y avait aucun danger à alléger le vernis de Mona Lisa, vous, lecteurs, seriez-vous prêts à redécouvrir l’œuvre créée par Léonard ? - Emmanuel Fessy

Entrée dans les collections royales sous le règne de François Ier, dans le second quart du XVIe siècle, la Joconde a toujours été regardée avec une admiration mêlée de révérence, un succès qui lui a valu les soins les plus attentifs, et notamment un vernissage régulier afin de préserver son éclat. Les vernis anciens ayant tendance à s’oxyder sous l’action de la lumière et à s’opacifier avec le temps, ils ont dû être régénérés à plusieurs reprises par application d’un nouveau vernis, redonnant une transparence momentanée. Les copistes du XIXe siècle n’ont pas été les derniers à réclamer fréquemment le revernissage des tableaux les plus célèbres pour mieux les observer. Ces interventions régulières sont malheureusement mal documentées : la seule dont on ait connaissance date de 1809. Victime de son succès, la Joconde a été progressivement masquée par d’improbables brumes jaunâtres, en raison de couches de vernis toujours plus nombreuses. Certains ont cru que le modèle était représenté “sous la lumière du soir par temps d’orage”, alors que, “contrairement au petit Saint Jean-Baptiste peint dans un camaïeu de bruns, qui est un tableau sombre dès l’origine, les autres Léonard du Louvre sont éclairés par une lumière de plein air”, nous a expliqué Cécile Scailliérez, conservateur au département des Peintures. Cette certitude est confirmée, pour la Joconde, par l’observation d’une fissure et des bords du panneau, dont l’usure causée par le cadre révèle les vraies couleurs de l’œuvre : “jaune” pour la robe et “bleu” pour le ciel.

Un vernis régulier
Sans espérer rendre au tableau son aspect du XVIe siècle, n’est-il pas possible de redonner des couleurs à la Joconde ? Un dévernissage complet est absolument exclu, compte tenu des spécificités de la technique de Léonard. En revanche, un allégement des vernis, opération plus légère ne s’attaquant qu’aux couches supérieures, pourrait être envisagée. Le progrès des techniques semble plaider pour cette voie médiane, marquée du sceau de la pondération. Comme le souligne Nathalie Volle, responsable du Service de restauration des Musées de France, “le vernis est très régulier, contrairement à celui de Sainte Anne”. D’ailleurs, le panneau a été très peu touché ; la dernière intervention en date a été une régénération localisée du vernis en 1956-1957. L’allégement suppose de pouvoir distinguer les couches successives afin de ne pas s’aventurer trop près de la couche picturale. C’est possible, car “les différentes couches de vernis ne sont pas toutes de la même nature : gomme-laque, résine...”, explique-t-elle. Elles ne nécessitent donc pas l’emploi du même solvant. Des instruments de contrôle sont en outre à la disposition des restaurateurs, tout au long des opérations. Un allégement a peut-être été pratiqué dans le passé, mais on n’en garde curieusement aucune trace.

Le cas de la Vierge aux Rochers
Les autres tableaux de Léonard conservés au Louvre pourraient offrir un élément de comparaison. Le vernis de la Vierge aux Rochers a déjà été allégé en 1932 et 1952. Dans le dossier de restauration de 1952 dont nous avons pu avoir connaissance, les restaurateurs Jean-Gabriel Goulinat et Lucien Aubert concluent ainsi leurs observations préliminaires : “Nous pensons qu’un éclaircissement sensible du vernis puisse être obtenu sans risquer de perdre ce qui subsiste de la solidité des ombres.” Ils précisent ensuite que toutes leurs réserves ne sont valables que pour les personnages, et que le paysage “peut être amélioré sans aucun risque”. Un allégement général des vernis a donc été réalisé, mais le mauvais état du tableau, transposé de bois sur toile en 1840 et obscurci par des bitumes, empêche d’en tirer toutes les satisfactions espérées.
Forts de ce précédent, les conservateurs du Louvre ont fait réaliser, il y a quelques années, des tests préliminaires à une restauration sur un autre chef-d’œuvre de Léonard conservé au musée, Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant, défiguré par de disgracieux repeints et un vernis jauni. L’ouverture d’une “fenêtre” avait ainsi été pratiquée à titre d’essai dans le paysage de l’arrière-plan, qui s’était révélé d’une remarquable limpidité. Face à la tempête de protestations soulevée par cette éventualité, le Louvre avait préférer faire marche arrière, laissant le tableau en l’état. Ce qui ne manque pas d’alimenter les regrets : “C’est une honte de présenter un tel chef-d’œuvre dans cet état de crasse et avec ces tâches”, estime Cécile Scailliérez.

Les pièges de Léonard
Les réactions inquiètes, parfois même hystériques, à une éventuelle restauration ne se nourrissent pas seulement d’une perception irrationnelle du génie de Léonard, mais s’appuient aussi sur des certitudes techniques. Attaché à démontrer la supériorité de son art sur les autres dans l’imitation de la Nature, Léonard s’est lancé dans de multiples expériences picturales en quête d’une chimérique perfection. Celles-ci sont autant de pièges pour les restaurateurs, à tel point que Jean-Gabriel Goulinat, chef de l’Atelier de restauration des peintures du Louvre de 1936 à 1969, avait eu ces mots : “Si vous voulez pousser au suicide un restaurateur, demandez-lui de restaurer la Joconde”. Le premier de ces pièges est la composition hétérogène de la couche picturale : Goulinat notait dans un article de 1932 que Léonard avait peint “le visage de la Joconde à l’aide de carmins qui s’évanouissent avec le temps, et les mains du même personnage à l’aide d’ocres qui résistent, ce qui explique la légère rupture d’équilibre des couleurs et de la matière entre les deux parties du tableau, en même temps que la décoloration des lèvres”. Une action trop vigoureuse aurait alors pour effet de révéler un visage livide et des mains roses. Ce n’est pas la seule singularité de Mona Lisa, dont la mystérieuse présence est le fruit d’une patiente superposition de fins glacis – couches de peinture translucide –, auxquels s’ajoutent sans doute des vernis pigmentés, autant de moyens pour donner couleur et relief au modèle, bientôt transformé en une vision idéale. Léonard n’écrivait-il pas dans son Traité : “Le relief est le sommet et l’âme de la peinture” ? Mais, plus que le relief, c’est le fameux sfumato, clé de voûte de la poétique léonardesque, que les adversaires d’une intervention craignent de voir disparaître. Car si l’on en croit Michael Daley, de l’association ArtWatch : “Aucun restaurateur ne peut se mesurer à cet artiste.” Un défi qui mérite peut-être d’être relevé, car peut-on continuer à interpréter les œuvres dans leur état d’aujourd’hui ? Le restaurateur Antonio Rava rappelle une histoire édifiante : “Les historiens de l’art ont déversé des flots de commentaires sur la “lumière dorée” du Corrège, jusqu’à ce que la restauration de la Danaé montre que cet effet était dû au vernis ajouté et que la lumière du tableau était bel et bien argentée et non dorée.”


Êtes-vous favorable à un allégement du vernis de la Joconde ?

Jean-Pierre Cuzin, conservateur en chef du département des Peintures, Musée du Louvre, Paris
Il n’est pas question d’entreprendre une restauration, de quelque nature qu’elle soit, de la Joconde. Certes, les vernis anciens jaunissent l’ensemble du tableau et modifient quelque peu l’effet ; mais le vernis est très régulier et ne forme pas de tâches qui seraient gênantes. L’œuvre peinte sur bois est d’autre part dans un magnifique état de santé, et celui-ci est contrôlé régulièrement.
Dois-je rappeler que le tableau est universellement célèbre dans son état actuel ? Je me méfie par principe d’une restauration qui serait considérée comme “sensationnelle”, dans la mesure où celle-ci n’est pas rendue indispensable par la conservation de l’œuvre.
À l’occasion de la nouvelle présentation que permettra la salle spéciale à laquelle nous travaillons, il sera veillé tout particulièrement à un aménagement muséographique permettant de voir l’œuvre dans de meilleures conditions qu’aujourd’hui, en particulier grâce à un éclairage soigneusement étudié.

Frederik Duparc, directeur du Mauritshuis, La Haye
Je suis très favorable à un nettoyage. Je sais qu’au Louvre, ils sont bien sûr réticents à intervenir sur le tableau, mais je les désapprouve. Il ne devrait y avoir aucun risque. Si le tableau devait être nettoyé, notre génération aurait au moins la chance d’admirer la vraie Mona Lisa. Le vernis n’a pas seulement décoloré la peinture, mais aussi l’équilibre des coloris qui pourrait réapparaître à cette occasion.

Jacques Franck, consultant permanent auprès du Armand Hammer Center for Leonardo Studies, Université de Californie, Los Angeles
Malgré le vernis obscurci qui la recouvre, la Joconde est en parfait état. Donc aucune urgence n’impose d’intervenir. Dans son cas précis, un allégement du vernis pourrait même être dangereux. En effet, pour rendre les détails si subtils du célèbre visage, Léonard a utilisé des glacis microscopiques. Des données très sérieuses laissent prévoir qu’ils sont d’une fragilité extrême. Ceci doit faire réfléchir, car aucune garantie n’existe que le solvant employé pour amincir le vernis n’entrerait pas en contact direct avec la couche picturale elle-même. Des dommages irréparables pourraient ainsi être causés par lixiviation. La Joconde ne peut faire l’objet du moindre risque : attendons que la technique offre une totale sécurité. Entre-temps, l’éclairer mieux serait déjà un grand progrès.

Martin Kemp, directeur du département d’Histoire de l’art à l’Université d’Oxford
J’ai pu étudier de près la Joconde dans les meilleures conditions, et le tableau est en excellent état. Le vernis a foncé et présente de nombreuses craquelures, surtout dans les zones où la couche picturale est plus épaisse, comme la tête. Je m’oppose au nettoyage du vernis. On ne doit nettoyer un tableau que si sa “santé” est menacée ou s’il est grossièrement défiguré, ce qui n’est pas le cas de la Joconde.

Alastair Laing, expert pour les peintures au National Trust, Londres
Si l’on considère la Joconde comme une œuvre d’art et non comme une icône, il n’y a aucune raison de la traiter différemment de n’importe quel autre tableau. À mon avis, et visiblement c’est aussi celui des conservateurs du Louvre lorsqu’il s’agit des autres tableaux dont ils ont la charge, on peut envisager de retirer les couches de vernis jauni.

Mark Leonard, conservateur des Peintures, J. Paul Getty Museum, Los Angeles
Pour moi, il ne fait aucun doute qu’un nettoyage délicat suivi d’une légère restauration transformerait non seulement l’apparence de la Joconde mais également notre compréhension du tableau en tant qu’œuvre d’art. Pour les conservateurs du Louvre, le problème est double : d’abord, ils doivent trouver le spécialiste capable d’effectuer ce travail ; ensuite, Mona Lisa doit être exposée de façon à permettre une meilleure lisibilité de l’œuvre. S’ils ne sont pas en mesure de résoudre ce problème, je pense qu’il faut alors laisser à la prochaine génération le soin de le faire.

Neil MacGregor, directeur de la National Gallery, Londres
Tout aussi étonnant que cela puisse paraître, l’avocat le plus éloquent pour un allégement du vernis de la Joconde est... Raphaël. Il y a quelques années, le Louvre a enlevé au superbe Portrait de Baldessari Castiglione les couches de vernis décoloré, dévoilant non seulement toute l’harmonie subtile des gris et des bruns mais le fait surprenant – capital pour la conception artistique de Raphaël – que le portraituré avait des yeux bleu ciel. Dans le cas de la Joconde, le brouillard jaunâtre d’un vernis depuis longtemps dégradé nous empêche de voir et d’apprécier la perspective aérienne du paysage féerique qui, à travers les siècles, a fait l’admiration des critiques. Les brillants restaurateurs qui nous ont permis de redécouvrir un chef-d’œuvre de Raphaël ne sauraient-ils pas nous rendre sans danger les beautés occultées de Léonard ?

Ian McClure, directeur du Hamilton Kerr Institute, Cambridge
On ne sait trop ce que l’on découvrirait en retirant ce vernis. L’étude du visage aux rayons X ne révèle que de très légères dégradations des matériaux, mais les nettoyages précédents ont à coup sûr occasionné une abrasion et des modifications des pigments et des liants utilisés par Léonard. De mon point de vue, nettoyer le tableau n’est pas indispensable, sauf si cela s’avérait nécessaire pour des raisons de conservation. Dans ce cas, en effet, il faudrait retirer les différentes couches de vernis afin de pouvoir poser des produits adhésifs pour consolider la couche picturale.

Antonio Rava, restaurateur
Avec Léonard, c’est délicat parce qu’il faut distinguer entre vernis de restauration et vernis d’origine. On sait en effet que les fameux glacis de Léonard étaient obtenus avec de la couleur, mais aussi avec du vernis pigmenté. Le degré de nettoyage doit donc être mis au point avec une grande attention. Dans tous les cas, il faut procéder à l’enlèvement de tout vernis qui altère les coloris. Notre génération a les instruments et la technique pour procéder à ce type d’opération en toute tranquillité : la réflectographie, les systèmes de lecture de surface, etc. garantissent la plus parfaite sécurité, mais également l’objectivité de l’intervention.

Bruno Zanardi, restaurateur
En termes techniques, il n’existe aucun problème pour ôter un vernis d’un tableau, qu’il s’agisse de la Joconde ou d’un autre. Le Louvre possède de nombreux et excellents restaurateurs. De plus, outre les solvants normaux, les restaurateurs ont aujourd’hui à leur disposition de nouvelles techniques de nettoyage, avec les tensioactifs mis au point par Richard Wolbers, qui permettent un respect absolu de la matière originale. En termes culturels, j’entends déjà gronder les partisans de la “patine originale”, sur le sentier de la guerre contre toute hypothèse de nettoyage. Je me permettrai alors de leur signaler que si l’on veut replacer le problème dans une perspective historique, le premier à se lamenter sur la présence d’un vernis offusquant la Joconde a été en 1625 – voilà 373 ans – Cassiano del Pozzo [antiquaire et humaniste romain], dans sa célèbre description du tableau.

Federico Zeri, historien de l’art
Je le ferais – mais si l’on pratique une intervention sur la Joconde, on va hurler qu’elle a été détruite. Elle est entrée dans l’imaginaire collectif avec cet aspect-là, qu’on le lui laisse. Moi, je l’ai vue sous une lumière très puissante : le tableau est très lumineux, les montagnes sont bleu clair, le modèle a le teint clair, et le tableau est intact. Il présente seulement des craquelures très élargies sur le cou, parce que Léonard utilisait de l’huile sur détrempe. Ces craquelures ont été bouchées lors d’une restauration bien visible sous une forte lumière. Mais j’aurais très peur qu’on l’enlève, parce qu’on ne sait jamais, avec Léonard, ce qu’est vraiment l’épiderme de la peinture. Lui le reprenait, le retouchait à sa guise. Mais, quel que soit le résultat, il y aura toujours quelqu’un pour dire que le tableau est détruit, parce qu’il appartient désormais au monde entier avec cette patine.

Au cours des années quatre-vingt-dix, les recherches sur l’histoire de la Joconde ont fait des avancées considérables. Ainsi, alors qu’aucune hypothèse sur l’identité du modèle n’avait encore fait l’unanimité, faute de documents, l’identification proposée par Giorgio Vasari, dans sa Vie de Léonard, a été confirmée par les recherches de Frank Zöllner (Gazette des Beaux-Arts, mars 1993) : la femme peinte par l’artiste est bien Lisa di Noldo Gherardini, épouse du notable florentin Francesco del Giocondo, et non quelque maîtresse de Julien de Médicis. L’autre zone d’ombre importante concernait le sort du tableau après la mort de Léonard, en 1519. La découverte de l’inventaire après décès de Salaï, qui fut à la fois l’élève préféré, l’assistant et l’ami de Léonard, offre un jalon déterminant dans la reconstitution du parcours de l’œuvre. De son vrai nom Gian Giacomo Caprotti di Oreno, Salaï n’a pas survécu longtemps à son maître puisqu’il a connu une mort violente en 1524. Dans l’inventaire de ses biens dressé en 1525 – et retrouvé par Janice Schell et Grazioso Sironi en 1991 – figure une \"Joconda\", ainsi que d’autres tableaux de Léonard : Sainte Anne, la Vierge et l’enfant ou Léda (disparu). Les estimations ne laissent que peu de doutes sur leur authenticité. Ainsi Léda est-elle prisée 200 scudi, soit presque autant que la maison elle-même. Quant à la \"Joconda\", elle était évaluée 100 scudi. Selon toute probabilité, Léonard a donné ses tableaux à Salaï avant sa mort, puis la Joconde aurait été acquise auprès d’un propriétaire et à une date encore indéterminés pour le compte de François Ier.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°65 du 28 août 1998, avec le titre suivant : La Joconde pourra-t-elle enfin retrouver ses vraies couleurs ?

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