Lundi 10 décembre 2018

La fin du Bouddha

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 16 mars 2001 - 229 mots

La destruction annoncée de toutes les statues pré-islamiques d’Afghanistan, et notamment des deux bouddhas géants de Bamiyan, donne le coup de grâce à un patrimoine ravagé par vingt-cinq ans de guerre. Une fuite en avant dont la société afghane continue de subir les conséquences.

KABOUL - Il aura donc fallu que les talibans annoncent leur intention de détruire tous les témoignages de la statuaire bouddhique, dont les fameux bouddhas de Bamiyan, pour que le monde se sente à nouveau concerné par le sort de l’Afghanistan. Depuis bientôt cinq ans en effet, les droits humains les plus élémentaires sont bafoués quotidiennement : une chape de plomb s’est abattue sur la société, et les femmes, auxquelles on interdit d’étudier, de travailler et même de se soigner, en sont les premières victimes. Les minorités n’ont pas été épargnées par ce régime totalitaire, auquel le Pakistan apporte depuis l’origine un soutien militaire.

Aussitôt connue, la décision a provoqué un tollé parmi la communauté internationale, aussi bien dans les pays de tradition bouddhique (Thaïlande, Sri Lanka...) que dans les pays musulmans, sunnites ou chiites, en Orient qu’en Occident. Appels à la raison venus des principales capitales, envoi par l’Unesco d’un ambassadeur, toutes ces initiatives n’auront servi à rien. Le début de la destruction, annoncé par l’agence de presse afghane, a été confirmé par l’opposition. Toutefois, aucune source indépendante n’a permis de vérifier ces informations.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°123 du 16 mars 2001, avec le titre suivant : La fin du Bouddha

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