Art contemporain

La Biennale de Venise prend forme

Le Journal des Arts

Le 4 février 2005

Les deux directeurs, Maria de Corral et Rosa MartÁ­nez, de la prochaine édition en juin ont invité moins d’artistes, mais qui seront mieux représentés.

VENISE - 2005 sera une année riche pour la Fondation Biennale de Venise, puisqu’elle proposera à la fois la 61e édition de l’Exposition internationale des arts visuels (du 12 juin au 6 novembre) et la 62e édition du Festival de cinéma (du 31 août au 10 septembre). Pour ce dernier, déjà en pleine préparation après les polémiques suscitées par l’organisation de la précédente édition, le président de la Biennale, Davide Croff, ainsi que son directeur, Marco Müller, et son directeur de section, Luigi Cucciniello, ont renouvelé leur confiance à l’équipe en place. Elle sera renforcée bientôt par un nouveau collaborateur choisi par Marco Müller.
Mais lors du conseil de la Fondation du 26 novembre, il a surtout été question d’« arts visuels ». À cette occasion, les deux directeurs (et non « directrices », comme elles se plaisent à le préciser) Maria de Corral et Rosa Martínez ont présenté leur programme aux pays étrangers qui participeront à l’édition 2005. À cet égard, la Biennale 2005 bat déjà un nouveau record : 74 pays seront représentés, avec pour la première fois l’Afghanistan, l’Albanie, l’Iran, le Liban et le Maroc. Cette Biennale se distinguera des deux précédentes, par un nombre moins important d’artistes, mais mieux représentés. « La Biennale, a déclaré le président Croff, doit savoir incarner une pensée forte, en se posant comme point de référence dans le monde de l’art. À l’intérieur de ce cadre, les deux directeurs travaillent en totale autonomie. »
Deux expositions sont prévues. L’une, de caractère historique, organisée par Maria de Corral au pavillon italien, sera intitulée « Les expériences de l’art » : 35 artistes à peine, actifs au cours des trente dernières années mais qui « s’inscrivent dans le vécu de l’art de notre époque ». Ils seront regroupés autour de diverses thématiques, que Maria de Corral préfère qualifier de « constellations ». La seconde exposition, sous la houlette de Rosa Martínez, à l’Arsenal, sera un hommage à Hugo Pratt. Elle sera intitulée « Toujours un peu plus loin », d’après le titre d’un album des aventures de Corto Maltese (1), qui savait « regarder au-delà du présent ».

Décentralisation
Dans les Giardini, certains artistes sélectionnés pour les pavillons nationaux sont déjà connus. Les États-Unis ont choisi Ed Ruscha, la France, Annette Messager, la Grande-Bretagne, Gilbert & George, l’Espagne, Antoni Muntadas, l’Autriche, Hans Shobun, et Israël, Gay Benner. Le pavillon suisse proposera une exposition de groupe, « Schatten, die auf Menschen prallen / Shadows Collide with People » organisée par l’artiste Stefan Banz, qui réunira des travaux de Gianni Motti, Shahryar Nashat, Marco Poloni et Ingrid Wildi, tandis que des œuvres vidéo de Pipilotti Rist seront présentées dans l’église baroque de San Stae, sur le Grand Canal.
La Biennale demeurera solidement ancrée dans Venise, même si la décentralisation est déjà en marche avec la reprise cette année de l’initiative « Sensi contemporanei » (« Sens contemporains ») qui, lors de l’édition précédente, avait rencontré un franc succès dans le sud de l’Italie.

(1) Hugo Pratt, Corto toujours un peu plus loin, Casterman, 1979, 120 p.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°208 du 4 février 2005, avec le titre suivant : La Biennale de Venise prend forme

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