La belle et la bête

Par Anaïd Demir · Le Journal des Arts

Le 23 septembre 2005 - 804 mots

FIAC 2005 : Le hall 5.1 consacré aux jeunes talents prend des airs de vivarium.

Pour la deuxième année consécutive, la FIAC se plie en quatre et se divise en deux pour mieux manifester sa vivacité artistique auprès des collectionneurs, amateurs éclairés et autres passionnés d’art. Si les trésors se trouvent toujours dans le très spacieux hall 4 du Parc des expositions, porte de Versailles, les pépites d’or, les fines perles et les précieuses paillettes, elles, sont à dénicher dans le hall 5.1. Le nombre de jeunes galeries ayant passablement augmenté au cours de ces trois dernières années, la précédente édition de la FIAC a inauguré un nouvel espace qui leur est exclusivement dédié. Le secteur « Perspectives » avait réuni une trentaine de galeries accusant moins de dix ans d’activité au compteur. « Future Quake » s’était occupé des jeunes pousses avec des galeries de moins de trois ans. Là, la jeune scène parisienne a été dévoilée avec Eva Hober, La Blanchisserie (Boulogne-Billancourt), Jocelyn Wolff ou l’Atelier Cardenas Bellanger… Ces enseignes y ont fait leurs premières armes, en compagnie de leurs consœurs françaises et internationales.

Pour cette nouvelle édition, l’absence des galeries Corentin Hamel et Vanessa Quang se fera sentir. L’une a fermé pour cause de problèmes financiers, l’autre ne fait pas partie de la sélection. Mais l’on pourra découvrir Martine Aboucaya, schleicher lange ou Miss China Beauty.

L’art vivant
Le succès du hall 5.1 se confirme avec l’augmentation des demandes de participation et l’arrivée d’une vingtaine de galeries internationales. Anna Helwing (Los Angeles), Mizuma Art Gallery ou Side Two (Tokyo), Magnus Müller (Berlin), The Breeder Project (Athènes), la Galerie Une (Neuchâtel), Rubicon (Dublin) font leur entrée dans le secteur « Perspectives ». Tout comme ses compatriotes Virgil de Voldere ou Parker’s Box, la galerie new-yorkaise I-20 revient, apportant dans ses bagages des photographies de nus collectifs de Spencer Tunick. Ce dernier vient de réaliser plusieurs œuvres à Lyon (lire p. 11). La plupart de ces galeries, actives dans toutes les foires d’art contemporain, ont été attirées à Paris par le succès de la dernière édition de la FIAC. Du côté de « Future Quake », on découvre la galerie Lumas de Berlin qui présente les étonnantes images de Stefanie Schneider, mais aussi Martin Van Zomeren d’Amsterdam, Josée Bienvenu ou LMAK Projects de New York et Adler de Francfort...

Cette 32e édition réserve plus que jamais son lot de curiosités plastiques, d’événements hauts en couleur et de performances relevées. Ainsi Marion Laval-Jantet interroge le vivant et le rapport entre l’homme et l’animal au sein du duo Art Orienté objet. Entourée de ses objets dans un environnement « paranoïaque », l’artiste se fera emmurer sur place pendant toute la durée de la FIAC. L’objectif : jouer littéralement avec la notion de foire et s’atteler à l’écriture du dernier chapitre de son étrange biographie scientifico-écologiste. Une trame sur laquelle les visiteurs pourront, naturellement, se greffer. La galerie suisse Synopsis M., qui présente ce one-woman show, marquera donc les esprits pour sa première entrée à la FIAC. Mais l’artiste ne devrait pas être la seule à dormir sur place ! Dans le secteur « Future Quake », un serpent et une flopée de souris sont les troublants locataires de la galerie Eva Hober. Cette œuvre de Julien Sirjacq en côtoie d’autres plus sages comme les toiles érotiques d’Axel Pahlavi ou les systèmes nerveux d’Émilie Benoist. Le vivarium s’étend à l’espace « Perspectives » où, sur le stand de la galerie Maisonneuve, Jan Kopp offre une vue imprenable sur un véritable poulailler dont l’activité se superpose à diverses projections et au fourmillement des allées du hall 5.1. La collection d’art peut-elle intégrer le vivant ? Un défi qui sème la confusion jusque sur le stand d’Hervé Loevenbruck (Paris) où évoluent les mannequins de Virginie Barré. La galerie, une habituée de la FIAC, compte cette année parmi ses artistes l’un des sélectionnés pour le prix Marcel-Duchamp, Olivier Blanckart. Une distinction qui sera d’ailleurs décernée pour la première fois dans le cadre de la foire, le 8 octobre. La FIAC s’ouvre aussi à des lieux atypiques comme Incognito (Paris) : une galerie où l’on entre à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit à l’aide d’une carte magnétique. Signalons enfin les éditeurs comme la Galerie de multiples, la librairie Yvon Lambert ou Art-Netart, ainsi que la présence, cette année, au sein du hall 5.1, du Forum, haut lieu de débats artistiques.
Éclectisme, diversité, qualité, ouverture d’esprit, rayonnement international et petits prix..., reste à savoir si le hall 5.1 ne va pas finir par éclipser la « Grande FIAC ».

Informations pratiques : lire p. 16-17

Perspectives - Nombre d’exposants : 34 galeries dont 24 internationales, 12 nouvelles galeries dont 10 étrangères Future Quake - Nombre d’exposants : 25 galeries dont 15 étrangères, 13 nouvelles dont 9 étrangères

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°221 du 23 septembre 2005, avec le titre suivant : La belle et la bête

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