Vendredi 19 octobre 2018

Métiers de l’art

Infographiste

Le Journal des Arts

Le 16 mars 2001 - 696 mots

Le développement fulgurant des nouvelles technologies a permis l’émergence de métiers inédits. À l’occasion de la quatrième édition de la Fête de l’Internet qui a lieu les 2, 3 et 4 mars prochains, le JdA met en lumière l’un des acteurs clés de ce secteur en pleine expansion : l’infographiste. Spécialiste de l’image de synthèse, il possède une bonne maîtrise de l’outil informatique, mais détient également un sens artistique affirmé. De l’illustration de sites Web ou de cédéroms à la création d’effets spéciaux et de films d’animation, ses domaines d’intervention sont vastes.

Encore mal définies il y a quelques années, les professions du multimédia sont désormais plus clairement répertoriées et les formations qui y préparent par conséquent mieux adaptées. En réponse à la demande croissante des étudiants, les établissements qui intègrent le multimédia dans leurs enseignements sont devenus légion : écoles privées de graphisme, établissements spécialisés dans les formations aux nouvelles technologies, ou écoles d’art, l’offre est étendue. Le coût élevé de certaines de ces formations (entre 25 et 45 000 francs par an pour un cursus qui varie de deux à quatre années d’études) et l’investissement consacré à l’équipement obligent les candidats à une certaine prudence quant au choix de l’établissement. L’origine professionnelle des enseignants, la qualité et la quantité du matériel informatique, et l’importance des liens que l’école a su tisser avec les entreprises du secteur sont quelques-uns des critères qui peuvent emporter la décision. Fruit d’un savant mélange entre compétences techniques et talent artistique, les infographistes ont des profils très variés. Erwin Charrier, qui travaille actuellement dans une société spécialisée dans la post-production, a obtenu un DUT de mesures physiques après avoir passé un baccalauréat scientifique. Passionné par les images de synthèse, il décide de s’orienter vers cette voie et effectue deux années de spécialisation en infographie à l’École supérieure d’informatique et de communication (Sup Info Com) de Valenciennes : “Certaines étudiants de ma promotion possédaient au début de la formation un bagage scientifique et informatique prédominant, d’autres avaient une culture plus artistique. Mais, à la fin du cursus, nous étions tous sur un même pied d’égalité”, dit-il. Constat similaire pour Sandrine Mabilat, infographiste 3D chez Chaman, qui a suivi la même formation et qui confie : “J’étais titulaire d’un baccalauréat artistique A3. J’aimais la peinture et la création sur ordinateur m’attirait, mais je n’avais aucune connaissance en informatique. J’ai appris à apprivoiser cet outil pendant les deux années préparatoires de la formation.” Spécialiste des rendus de matières et textures, elle participe actuellement à la réalisation d’Axis, premier long-métrage européen entièrement composé d’images de synthèse.

Un statut d’intermittent du spectacle
Maîtrise des différents logiciels, création d’images fixes en 3D et de films d’animation sont au menu de la formation des futurs infographistes. Élément crucial du parcours : le stage, qui débouche dans environ 80 % des cas sur une embauche. “Trouver un emploi à la sortie de l’école est généralement assez aisé, mais cette profession exige d’importantes capacités d’adaptation et une grande mobilité”, ajoute Sandrine Mabilat. En effet, la grande majorité des infographistes ont un statut d’intermittent du spectacle, et travaillent sur des projets dont la durée peut varier d’une semaine à un an. Les mutations d’une société à une autre sont donc monnaie courante. Quant aux rémunérations, elles se situent en début de carrière dans une fourchette allant de 12 à 15 000 francs brut par mois. Des effets spéciaux les plus sophistiqués aux simples images fixes, ces créations envahissent désormais notre quotidien et les débouchés apparaissent de plus en plus nombreux : jeux vidéo, télévision, publicité, cinéma, Internet sont quelques-uns des secteurs les plus friands de ce type d’image.

Les écoles d’art
Dans le cadre de la préparation au DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique) option art ou communication, une vingtaine d’écoles proposent une formation aux technologies multimédia comme les écoles des beaux-arts d’Amiens, Angoulême, Besançon, Caen, Nantes, Lyon, Paris (École nationale supérieure des arts décoratifs), Rennes, Saint-Étienne, Toulouse...

Les formations spécialisées
- L’École des métiers de l’image, CFT Gobelins, 73 boulevard Saint-Marcel, 75013 Paris, tél. 01 40 79 92 12.
- L’École supérieure d’informatique et de communication (Sup Info Com), 10 avenue Henri-Matisse, 59300 Aulnoy-lez-Valenciennes, tél. 03 27 28 43 53.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°123 du 16 mars 2001, avec le titre suivant : Infographiste

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