Samedi 15 décembre 2018

Allemagne

Gerhard Richter généreux avec sa ville de Dresde

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 8 juillet 2004 - 462 mots

L’artiste met en dépôt quarante et une de ses œuvres au musée de l’Albertinum.

 Dresde - L’artiste Gerhard Richter vient de promettre au musée de Albertinum de Dresde le don d’un ensemble de quarante et une de ses œuvres, pour la plupart des tableaux. Si les détails restent encore à finaliser, l’arrangement initial prévoit un prêt à long terme d’une durée de vingt ans, dépôt susceptible de devenir permanent. Bien que Dresde ne soit pas encore en mesure de chiffrer la valeur de ce prêt, cette collection pourrait valoir jusqu’à 100 millions d’euros, les œuvres de Richter comptant parmi les plus chères au monde pour un artiste vivant.
L’histoire débute avec les inondations désastreuses qu’a subies la ville en août 2002. En novembre de la même année, une vente aux enchères est organisée au bénéfice des Collections publiques d’art de Dresde. À cette occasion, Gerhard Richter fait don de The Rock, tableau adjugé 2,4 millions d’euros. L’acheteur, un collectionneur asiatique propriétaire d’un important ensemble de Richter, offre immédiatement l’œuvre à l’Albertinum pour un prêt à long terme. Martin Roth, directeur général des Collections, invite alors l’artiste à visiter le musée pour le remercier de sa générosité.

Un « avenir artistique »
Né à Dresde en 1932, Gerhard Richter a étudié sur les bancs de la Kunstakademie de la ville aux côtés de Georg Baselitz et de A. R. Penck. En 1961, l’année de la construction du mur de Berlin, il s’installe à Düsseldorf après avoir fui la RDA. Établi aujourd’hui à Cologne, l’artiste n’est revenu à Dresde qu’en de rares occasions. Sa visite en avril 2004 a rapidement fait naître une nouvelle relation entre celui-là et celle-ci. Son choix d’offrir 41 œuvres est ainsi une manière de renouer avec ses racines et de rendre hommage à la collection d’art ancien de la ville qui a marqué son propre développement artistique. Les pièces concernées, datant du début des années 1960 à aujourd’hui, retracent la totalité de sa carrière. Parmi les plus importantes figurent Dead Bodies (1963) et Dutch Sea Battle (1984).
Cet ensemble, étoffé de onze tableaux prêtés par le collectionneur asiatique, sera exposé à partir du 21 août, ce pour une durée de six mois seulement. L’Albertinum doit en effet fermer ses portes en février 2005 pour un important projet de rénovation financé, en partie, par le Land de Saxe. Pendant les travaux, les œuvres pourraient être montrées à la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf et au Japon. Le musée pourrait aussi prendre à l’avenir le nom d’« Albertinum-Richter Collection ». D’après Martin Roth, il s’agit de la première donation importante promise à l’Albertinum depuis les années 1920, date à laquelle les nazis avaient vendu de force tout l’« art dégénéré » : « Richter donne à Dresde un avenir artistique », a-t-il ajouté.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°197 du 8 juillet 2004, avec le titre suivant : Gerhard Richter généreux avec sa ville de Dresde

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