Mercredi 19 décembre 2018

Disparition

Disparition de l’artiste américain Robert Morris

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 30 novembre 2018 - 393 mots

KINGSTON / ETATS-UNIS

Considéré comme l’un des fondateurs du minimalisme, Robert Morris est décédé à côté de New York. Il était âgé de 87 ans.

Robert Morris (1931-2018), Untitled (Brown Felt), 1973
Robert Morris (1931-2018), Untitled (Brown Felt), 1973, collection Guggenheim, New York
© Robert Morris / Artists Rights Society (ARS), New York

L’artiste Robert Morris (87 ans) est décédé d’une pneumonie, dans l’Etat de New York, mercredi 28 novembre, comme l’a confirmé son épouse au New York Times.  

Souvent décrié, il a été une figure majeure du minimalisme, qu’il a pratiqué mais aussi théorisé, aux côtés de Carl Andre, Donal Judd ou encore Sol LeWitt. Il laisse cependant derrière lui une œuvre inclassable, qui a, au fil des époques, épousé de nombreux médiums, de la sculpture de ses débuts à la performance, en passant par le land art ou la peinture.

Né en 1931 à Kansas City, le jeune Robert Morris étudie la peinture à l’université de cette ville, avant de s’engager brièvement dans l’armée et de servir au Japon et en Corée, au début des années 1950. De retour à San Francisco, Robert Morris s’illustre par ses peintures relevant de l'expressionnisme abstrait et s’investit déjà dans des domaines variés comme la danse, les films ou le théâtre. Il s’installe à la fin des années 1950 à New York et réalise ses premières sculptures. Il reprend également ses études, obtient un master en histoire de l’art au Hunter College de Manhattan et poursuit sa collaboration avec le monde de la danse, notamment avec le Judson Dance Theater. 

Il réalise alors de nombreuses sculptures, parfois gigantesques, comme ses Labyrinthes ou ses Colonnes. A l’orée des années 1960, l’artiste multidisciplinaire se meut en théoricien. Il commence à publier une série d’essais consacrés à la sculpture, ainsi de Notes sur la sculpture, qu’il publie en 1968 et où il analyse les travaux de ses contemporains et de lui-même. La même année il publie dans ArtForum son article « Anti Form » qui annonce son choix pour la matière, avec ses sculptures souples, à l'opposé des formes géométriques du Minimalisme.

A partir des années 80, son style se modifie, le minimalisme est moins en vogue et Robert Morris réalise alors des installations et sculptures empreintes de violence, comme ses méditations centrées sur la menace de destruction nucléaire. 

Revenant à la simplicité de ses débuts et à la peinture, il obtient dans les années 1990 la reconnaissance du milieu avec plusieurs rétrospectives de son œuvre, comme celle du Musée Guggenheim, en 1994, ou au Centre Pompidou, l’année suivante. 

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