Mardi 21 septembre 2021

Design gagnant

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 14 mars 2012 - 1018 mots

PARIS - Du 28 mars au 1er avril, le Pavillon des arts et du design renforce la présence des arts décoratifs et du design et s’ouvre aux bijoux d’artistes et de designers.PAR ARMELLE MALVOISIN

Après une escale à Londres en octobre, suivie d’une autre à New York (l’expérience ne devrait pas être reconduite), le Pavillon des arts et du design (PAD) plante sa tente à Paris dans le jardin des Tuileries, du 28 mars au 1er avril. Cette 16e édition parisienne met plus que jamais à l’honneur les arts décoratifs du XXe siècle et le design, avec la promesse d’un parcours sélectif et raffiné, « plus homogène, composé de stands plus spacieux qu’auparavant », avancent les organisateurs.

Admiré l’an dernier, le stand de Franck Laigneau (Paris) sera scandinave, avec deux chaises de l’architecte finlandais Yrjö Blomstedt au décor symboliste sur fond vert d’eau, tandis que ses murs seront ornés d’une toile de lin scandinave de 12 m de longueur, au décor stylisé néo-égyptien, et de tableaux symbolistes des peintres suédois Pelle Swedlund et Ivan Aguéli, dans une palette de couleurs très nordiques. Spécialiste parisien de l’Art déco et habitué du PAD de Londres, Willy Huybrecht s’essaye pour la première fois au Pavillon parisien. Il espère y rencontrer « une clientèle qui ne se déplace pas forcément en galeries » et contenter des amateurs d’Art déco, qui ne peuvent qu’être déçus de la « minable moisson des ventes aux enchères cette saison dans ce domaine ». Le galeriste offrira une série de meubles de Dominique, de la période du « Groupe des Cinq », alliant le moderniste du dessin et le chic du galuchat, dans une gamme de prix, autour de 20 000-40 000 euros.

Pour sa deuxième participation, Oscar Graf vient avec une suite de douze sièges de douze artistes européens majeurs de la période 1870-1910, des prémices de l’Arts and Crafts à l’Art nouveau. Sa sélection comprend des chaises et fauteuils signés Hector Guimard, Christopher Dresser, Greene & Greene et Josef Hoffmann. La galerie Matthieu Richard (Paris) a réuni des meubles et luminaires des années 1950 de Mathieu Matégot, un ensemble graphiquement dominé par le noir et le blanc qu’elle associera à des photographies abstraites de grand format de Georges Joniaux datant des années 1960 et non exposées depuis. Défenseur du design français des années 1950 (nouvellement installé rue de Seine, Paris-6e), Pascal Cuisinier a sélectionné autour du thème du « blanc », des meubles rares de designers ayant utilisé cette couleur de façon innovante, tels les premiers meubles minimalistes haut de gamme en stratifié d’Antoine Philippon et Jacqueline Lecoq ; une table basse éclairante de Joseph-André Motte sublimée par l’opaline blanche ; des rarissimes candélabres en fer laqué blanc de Pierre Paulin pour Disderot ou encore les premiers fils isogaine des chauffeuses d’André Monpoix.

Sculptures fonctionnelles
Cette année encore, le design contemporain affiche une présence renforcée au Pavillon, avec l’arrivée notamment de la galerie londonienne Fumi qui exposera des pièces uniques et éditions limitées de designers internationaux, à l’instar de Max Lamb, Tomáš Libertiny, Studio Glithero, Johannes Nagel, Studio Silverlining et Faye Toogood. La Galerie Gosserez (Paris) marque sa première participation au PAD avec des pièces en édition limitée de la nouvelle génération de designers, parmi lesquelles le bureau Big Boss de Piergil Fourquié et l’applique Chorégraphie d’Alfredo Da Silva, mais également des œuvres exclusives de créateurs confirmés, comme le lampadaire Signe d’Éric Jourdan ou les Totems en céramique d’Alessandro Mendini. La galerie allemande Gabrielle Ammann (Cologne) montrera une sélection d’œuvres de Ron Arad, Hélène Binet, Wolfs & Jung, Satyendra Pakhalé, Rolf Sachs, Studio Alchimia et du collectif italien Nucleo dont la nouvelle table Copper Fossil est dévoilée pour l’occasion.

Pour la Carpenters Workshop Gallery (Londres, Paris), les meubles apparaissent comme des « sculptures fonctionnelles » signées de l’Atelier Van Lieshout, Vincent Dubourg, Lonneke Gordijn et Ralph Nauta, Mathieu Lehanneur ou encore Nendo. L’un des projets proposés par la galerie Nilufar (Milan) porte sur un travail de marqueterie réalisé par Bethan Laura Wood et inspiré des paysages lunaires. Chez Maria Wettergren (Paris), sont à découvrir les meubles aux finitions très soignées de la nouvelle vague du design nordique : Mathias Bengtsson, Astrid Krogh, Ditte Hammerstroem, Rasmus Fenhann et Mikko Paakkanen.

Art moderne et contemporain
Complément du mobilier, l’art moderne et contemporain constitue l’autre composante de ce salon printanier. À côté de la galerie Hopkins (Paris) qui exposera un ensemble d’œuvres de l’expressionniste abstrait américain Robert Motherwell, on retrouvera les galeries parisiennes Pascal Lansberg, Thessa Herold, Jean-François Cazeau, lesquelles forment le noyau dur de ce pôle. Ils sont rejoints en 2012 par la Galerie Ditesheim (Neuchâtel), ex-associée de Jan Krugier, avec une programmation aussi bien moderne (Gaston Chaissac, Sam Francis, Alberto Giacometti, Franz Kline, Zoran Music, Germaine Richier, Zao Wou-ki…) que contemporaine (Geneviève Asse, Miklos Bokor, Giulio Camagni, Simon Edmondson, Pierre Edouard, Michel Haas, Markus Lüpertz, Irving Petlin, François Rouan…).

Enfin, trois nouvelles enseignes offrent un éclairage sur le marché des bijoux d’artistes et designers, à l’image de la galerie bruxelloise Caroline Van Hoek. Sur une présentation originale, Elisabetta Cipriani (Londres) dévoile ces petites sculptures portatives à côte de la source d’inspiration des artistes, à l’exemple, pour l’Atelier Van Lieshout, d’une paire de boucles d’oreille « des Cintres d’oreille » faisant écho à leur sculpture monumentale des Hommes s’accrochant 5. La galerie Minimasterpiece, qui s’ouvre à Paris en avril, se consacre aussi aux bijoux de peintres, sculpteurs, architectes et designers. Ceci avec des pièces signées Pablo Picasso, Frank Stella, Jacques Villeglé, Orlan, Oscar Niemeyer, Bernar Venet, Julio Le Parc, César, Corneille, Takis ou encore François Morellet, dans une fourchette de prix allant de 300 à 85 000 euros (pour une bague de Stella) et pour un prix moyen de 2 000 à 3 000 euros.

PAVILLON DES ARTS ET DU DESIGN

Organisation : Société d’organisation culturelle (SOC)
Nombre d’exposants : 75
Coût du stand : 610 euros le mètre carré
Nombre de visiteurs en 2011 : 45 000

28 mars-1er avril 11h-20h, nocturne le 29 mars jusqu’à 22h, esplanade des Feuillants, 234, rue de Rivoli, 75001 Paris, www.padparis.net


Légende photo :Dominique (Alain Domin et Marcel Genevrière), Guéridon à plateau, marqueterie rayonnante de galuchat, filets d'ivoire incrustés, fût en chêne, pieds en bronze argenté. Courtesy Willy Huybrechts, Paris.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°365 du 16 mars 2012, avec le titre suivant : Design gagnant

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque