Dimanche 25 février 2018

De Troy au grand jour

La première monographie consacrée au peintre

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 9 octobre 2009

Dans la première monographie consacrée à François de Troy, Dominique Brême raconte l’homme avec une évidente sympathie et analyse en détail l’art du portraitiste.

Fils d’Antoine et frère de Jean, né à Toulouse en 1645, François de Troy, qui sera aussi le père de Jean-François, est au cœur d’une lignée de peintres. Cette situation privilégiée n’offre pas que des avantages et l’a en partie privé dans l’historiographie de la place qui lui revient. De Troy quitte la Ville rose dans sa jeunesse pour rejoindre Paris où il bénéficiera assez tôt de la protection de Le Brun, alors premier peintre du roi. Il intègre l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1674 mais, curieusement, la fréquente peu pendant quelques années avant d’en devenir le directeur. Décrit comme un "homme de réussite et non de pouvoir" par l’un de ses contemporains, De Troy, "mort le pinceau à la main" en 1730, à l’âge exceptionnel alors de 85 ans, fit preuve d’une singulière faculté d’adaptation. S’il exécuta nombre de peintures d’histoire, il se spécialisa dans le portrait et partagea avec Rigaud et Largillierre le panthéon des portraitistes en vogue au XVIIIe siècle. Les commandes royales se multiplient à partir de 1680 et lui ouvrent entre autres les clientèles de Colbert, de l’Hôtel de ville de Paris, de Jacques II d’Angleterre et de son entourage, alors protégé par Louis XIV. Dominique Brême, commissaire de l’exposition qui se tient à Toulouse au Musée Paul Dupuy jusqu’au 7 juillet, examine avec un sûr sens de la synthèse, qui n’empêche pas la précision, et la biographie de l’artiste et ses orientations esthétiques. Au-delà de sa réputation de portraitiste, l’auteur souligne la diversité de ses talents et de ses ambitions, qui s’expriment notamment dans un chef-d’œuvre peu connu : Le festin de Didon et Enée, peint en 1702 et conservé aux États-Unis.

Dominique Brême, François de Troy, éditions Somogy, 160 p., 195 F. jusqu’au 30 juin, 245 F. ensuite.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°37 du 2 mai 1997, avec le titre suivant : De Troy au grand jour

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