Dame du Mudam

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 6 mai 2008

Marie-Claude Beaud va quitter la direction du musée au Luxembourg.

LUXEMBOURG - Depuis le 14 janvier, la nouvelle du départ de Marie-Claude Beaud de la direction du Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (Mudam) au Luxembourg alimente les gazettes locales. Une controverse ravivée par le lancement de l’appel à candidature le 29 avril pour un poste qu’elle devra libérer au 31 décembre 2008. Arrivée en 2000 dans ce bastion de la droite catholique, l’ancienne directrice de la Fondation Cartier et des Arts décoratifs, à Paris, a dû avaler de nombreuses couleuvres : un retard de chantier de quatre ans dû à un marché public infructueux avec une entreprise ne fournissant pas les pierres de type Magny demandées par l’architecte Ieoh Ming Pei, sans parler de la perte de 2 000 m2 au profit du Musée de la Forteresse.

Un contrat pour la retraite
Choquée par la non-reconduction du mandat de Marie-Claude Beaud, la presse locale a presque unanimement pris fait et cause en sa faveur. L’intéressée se refuse pour l’heure à tout commentaire. D’après ses proches, elle aurait réclamé un contrat jusqu’à sa retraite en 2010, mais les autorités n’auraient consenti qu’à une prorogation d’un an. La décision semblait dans l’air dès 2006, puisqu’à la veille de l’ouverture du musée, ses tutelles ne lui avaient déjà proposé qu’un contrat de trois ans. Premier conseiller de gouvernement, Guy Dockendorf s’est contenté de déclarer le 14 janvier : « Huit ans, c’est déjà extrêmement long au regard de ce qui se pratique sur la scène internationale. »
Un sentiment que ne partage pas Enrico Lunghi, directeur du Casino du Luxembourg et membre du conseil d’administration du Mudam. « Personnellement, j’aurais aimé que Marie-Claude reste encore, nous a-t-il confié. Il y a beaucoup de travail. Elle a géré d’une manière magistrale un projet difficile, avec un bâtiment complexe. Je ne pense pas que beaucoup de gens dans des conditions aussi compliquées auraient fait aussi bien. Au sein du gouvernement, comme dans la population, certains apprécient son travail, mais d’autres n’ont pas compris. » Il ajoute toutefois : « elle serait restée jusqu’à sa retraite au Mudam, elle aurait peut-être eu du mal à rebondir sur autre chose. » Car cette femme au caractère bien trempé pourrait prochainement s’adonner à « un projet privé international lié à l’art contemporain », tout en restant basée au Luxembourg. À suivre…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°281 du 9 mai 2008, avec le titre suivant : Dame du Mudam

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