PORTRAIT

Cécile Verdier, une recrue de poids pour Christie’s

future présidente de Christie’s France

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 4 octobre 2018 - 492 mots

Après avoir développé le département Design chez Sotheby’s, la commissaire-priseur prendra la tête de Christie’s France, où elle a déjà passé 10 ans, en juillet prochain.
1967 Née à Paris, Cécile Verdier depuis l’enfance se plonge dans les catalogues de ventes aux enchères. En 1984, son baccalauréat en poche, elle hésite entre Sciences Po et l’École du Louvre : ce sera finalement Sciences Po. Elle se passionne alors pour l’histoire contemporaine et particulièrement l’entre-deux-guerres sous tous ses aspects, tant littéraires qu’artistiques et politiques. En 1989, elle décroche son diplôme et accomplit une année de stages dans le monde para-culturel autour du mécénat et des agences de communication. Elle atterrit ensuite à Drouot dans la maison de ventes d’Hervé Chayette et Laurence Calmels.

1991 Grâce à Hervé Chayette, elle intègre Drouot Estimations qui vient de s’établir, tout en obtenant une licence d’histoire de l’art. Elle choisit alors de devenir commissaire-priseur. Son sujet à l’oral de l’examen d’accès au stage est prémonitoire : l’Art nouveau ! Jusqu’alors essentiellement concentrée sur la peinture moderne et contemporaine, Cécile Verdier découvre le monde des objets à Drouot. En 1994, elle reçoit le diplôme de commissaire-priseur et prend conscience de la nécessité de renouveler la profession.

1997 Elle entre chez Christie’s Londres, puis regagne l’antenne parisienne, qui n’est alors qu’un bureau à un moment où les maisons de ventes anglo-saxonnes pensent pouvoir bientôt vendre en France et cherchent à recruter quelques « marteaux » diplômés. Après un passage au département des Inventaires et Collections – sa première vente à Monaco suivie de celle de mobilier classique de la collection de Karl Lagerfeld –, elle passe au département Art déco en 2001, en tant que spécialiste, puis responsable des ventes.

2008 Après dix ans passés chez Christie’s, elle part chez Sotheby’s à la direction du département Art déco et Design. Le succès de la vente Yves Saint-Laurent en 2009 (373,50 M€), chez sa concurrente, au cours de laquelle les créations Art déco brillent, est un choc. Sotheby’s doit relever le défi. Deux ans plus tard, Cécile Verdier prend la direction du département Design Europe, qui coïncide avec un recentrage des ventes Design à Paris. Le département décolle en 2013 avec la vente du Garden Museum (un musée privé japonais d’Art nouveau qui fait le pari de vendre en France [6,6 M€]), puis explose les compteurs en 2014 avec la dispersion des collections de Félix Marcilhac (24,70 M€). En 2016, Cécile Verdier est promue successivement codirectrice du département Design au niveau mondial puis vice-présidente de Sotheby’s France avec un nouveau succès à la clé, celui de la vente de la collection Jacques Grange en novembre 2017 (28,40 M€).

2018 Cécile Verdier quitte Sotheby’s en juillet et observe actuellement une période de non-concurrence d’un an avant de réintégrer ­Christie’s France en 2019 en tant que présidente. Elle retrouvera son ancien patron Guillaume Cerutti, recruté par la maison de ventes de François Pinault en septembre 2016 et qui occupe désormais le poste de directeur général de Christie’s Monde.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°508 du 5 octobre 2018, avec le titre suivant : Cécile Verdier, une recrue de poids pour Christie’s

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