Mercredi 21 février 2018

Carnavalet face aux spoliations

Le Journal des Arts

Le 22 janvier 2008

La fabuleuse collection de mobilier du XVIIIe siècle léguée en 1965 par Henriette Bouvier au Musée Carnavalet, à Paris, provient-elle d’un pillage de la Seconde Guerre mondiale ? Une demande de restitution vient d’être déposée par une famille juive.

PARIS - Jusqu’à aujourd’hui, les demandes de restitution d’œuvres d’art pillées pendant la Seconde Guerre mondiale n’avaient concerné à chaque fois qu’un nombre restreint de tableaux ou d’objets. La requête qui vient d’être adressée par une famille juive à la commission Drai, qui est chargée de traiter ces dossiers, apparaît pour le moins exceptionnelle, puisqu’elle concerne une collection entière : celle qu’Henriette Bouvier avait donnée au Musée Carnavalet à Paris en 1965. Antiquaire de profession, elle avait réuni l’un des plus beaux ensembles au monde de mobilier du XVIIIe siècle. Tous les meubles sont ainsi estampillés par les plus grands ébénistes (Riesener, etc.).

Selon les requérants dont nous n’avons pu connaître l’identité, cette collection a été volée à son propriétaire pendant la guerre. Que l’intégralité des œuvres provienne d’un même ensemble peut sembler surprenant, et l’origine de chaque meuble devra être examinée. Mais si la demande s’avérait fondée, elle pourrait provoquer un petit séisme sur le marché du mobilier du XVIIIe siècle. La requête indique en effet que la provenance de toute œuvre vendue par Henriette Bouvier dans les années 1940 et aujourd’hui en possession de collectionneurs américains pourrait être considérée comme suspecte. Quant au Musée Carnavalet, où les meubles de la donation Bouvier occupent une douzaine de salles, il peut difficilement se priver d’un tel ensemble.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°150 du 31 mai 2002, avec le titre suivant : Carnavalet face aux spoliations

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