Jeudi 12 décembre 2019

Beatrix Ruf : Discours et contenu

Un entretien avec Beatrix Ruf

Le Journal des Arts

Le 22 mars 2002 - 474 mots

Depuis septembre 2001, Beatrix Ruf dirige la Kunsthalle de Zurich, où elle
a remplacé Bernhard Mendes Bürgi, actuel directeur
du Kunstmuseum de Bâle. Interrogée sur son expérience de la scène suisse, Beatrix
Ruf nous parle de ses projets.

Vous êtes allemande, mais une grande partie de votre activité professionnelle s’est déroulée en Suisse. Comment la situation y a-t-elle évolué ces dernières années ?
La Suisse compte un grand nombre d’institutions culturelles. Sa structure fédérale implique que presque chaque ville possède son propre musée. Ce pays a une longue tradition de collection, et la plupart de ses institutions sont orientées vers l’art moderne, voire contemporain. L’intérêt pour l’art étranger y a, par ailleurs, toujours été important et, durant la dernière décennie, les artistes suisses ont commencé à jouir d’une plus grande reconnaissance à l’étranger. Le succès de la génération des Fischli & Weiss, Pipilotti Rist, John Armleder, Sylvie Fleury ou Ugo Rondinone, pour n’en citer que quelques-uns, a facilité l’appréciation à sa juste valeur du panorama artistique national. Les prophètes n’ont désormais plus à s’en aller de leur pays pour que leur œuvre y soit appréciée.

Où est située la Kunsthalle de Zurich ?
La Kunsthalle est installée dans le bâtiment Löwenbräu. Cette ancienne brasserie est, dans le domaine de l’art contemporain, l’endroit le plus avant-gardiste de Zurich, et peut-être même de Suisse. Autour de ce site se sont regroupés des galeries, des collections privées, des salles de ventes aux enchères, des fondations et le Migros Museum. Dans cet environnement, la Kunsthalle reste l’unique institution publique. Une de nos tâches essentielles est de formuler un discours qui puisse encadrer l’art contemporain dans un contexte international.

Allez-vous suivre le chemin tracé par vos prédécesseurs ou marquer une rupture ?
La Kunsthalle a en grande partie forgé sa réputation sur des expositions monographiques d’artistes influents sur la scène internationale. Je continuerai cette pratique institutionnelle. Nos espaces exigent des artistes qu’ils aient déjà un important corpus. Cependant, j’organiserai aussi des expositions collectives. J’espère que le nouvel aménagement architectural de l’institution me donnera la possibilité de présenter des jeunes artistes dans des expositions parallèles.

Au-delà, allez vous élargir les activités de la Kunsthalle ?
Le programme des expositions reste l’objectif le plus important, mais je sens un besoin de discours et de contenu. Je souhaite donc introduire dans notre programmation des débats, de conférences et de nouveaux formats d’exposition qui renforceront la présence de la Kunsthalle en tant que pôle de communication.

Quelle est votre programmation pour cette année ?
Nous avons jusqu’au 1er avril une exposition consacrée aux peintures réalisées par Richard Prince depuis 1985 ; suivront des monographies de Keith Tyson, Eija-Liisa Ahtila et Rodney Graham. Cet automne, nous montrerons la douzaine de projets réalisés autour de Annlee, le personnage de manga que Philippe Parreno et Pierre Huyghe ont acheté et animé avant de le confier à d’autres.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°145 du 22 mars 2002, avec le titre suivant : Beatrix Ruf : Discours et contenu

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