Aurelie Nemours, point final

L'ŒIL

Le 1 mars 2005

« Rythme, nombre, couleur ». Le titre choisi par Aurelie Nemours pour sa rétrospective au Centre Pompidou en 2004 résumait mieux que tout discours la démarche de cette artiste majeure de la peinture abstraite géométrique, décédée le 27 janvier dernier à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans. Longtemps resté dans l’ombre, son travail a été reconnu à partir des années 1980 – notamment en Allemagne et en Suisse – avant de rencontrer les faveurs du grand public l’été dernier, lors de son ultime exposition vue par plus de cent mille personnes à Paris.
Un succès tardif et mérité pour une artiste passionnée qui, depuis la fin des années 1940 et son apprentissage dans les ateliers de Paul Colin, André Lhote et Fernand Léger, a développé une œuvre rigoureuse, tout entière vouée à l’abstraction. Dès 1949, elle participe au Salon des Réalités nouvelles où Herbin la remarque, et présente sa première exposition personnelle à la galerie Colette Allendy en 1953. Très vite, son travail va se tourner vers la série, en utilisant invariablement une grille orthogonale, des compositions aux formes régulières et aux couleurs franches.

Peintre et poétesse
Pour Aurelie Nemours, tout fut une question de rythme. Un rythme donné par le nombre, qui régit la peinture. La série Nombre et Hasard (1991-1992) est peut-être l’une des plus caractéristiques de son œuvre, entre la liberté à laquelle tout artiste aspire et les contraintes qu’elle s’impose.
Le vocabulaire formel d’Aurelie Nemours a toujours été le plus élémentaire, le plus minimal : des croix, des carrés, des lignes horizontales et verticales, des points, le noir, le blanc, puis d’autres couleurs utilisées en aplats. Un langage d’une extrême simplicité pour une œuvre complexe visant à « trouver le moyen d’exprimer l’apparence de l’univers à travers un univers plastique ». Sa quête permanente de simplification aboutira, dans ses dernières œuvres – au début des années 1990 –, à des peintures monochromes. Parallèlement à la peinture, Aurelie Nemours a réalisé nombre d’œuvres graphiques (pastels, gravures et estampes), des vitraux – pour l’église Notre-Dame de Salagon – et n’a cessé de se passionner pour l’écriture, en particulier la poésie à laquelle elle a entièrement consacré les dernières années de sa longue vie.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°567 du 1 mars 2005, avec le titre suivant : Aurelie Nemours, point final

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