Vendredi 23 février 2018

Alain Tapié

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 19 novembre 2007

« Le tableau support de contemplation » ; « Le temps de la peinture » ; « Proust et le peintre. Les figures d’Elstir » : ce ne sont là que trois des titres des nombreuses conférences, publications ou expositions qu’Alain Tapié a signées au cours des dix-neuf années pendant lesquelles il a dirigé le musée des Beaux-Arts de Caen. Trois titres choisis parmi d’autres à titre d’exemple pour qualifier d’emblée sa démarche.
La cinquantaine à moitié accomplie, nommé conservateur en chef du Patrimoine depuis dix ans, Alain Tapié voue à la peinture un intérêt manifeste. Qu’elle soit ancienne, moderne ou contemporaine, comme l’attestent les expositions monographiques ou bien de groupe qu’il a organisées au fil du temps : « Allégorie de la Charité », « Les Vanités dans la peinture » ; « Esquisses peintes, moments anonymes » ; « L’Art sacré d’Albert Gleizes » ; « Charles Marq » ; « Nadjia Mehadji » ; « Monique Frydman » ; « Isabelle Champion-Métadier », etc. Comme l’atteste aussi le magistral travail muséographique qu’il a conduit à Caen et qui lui a valu un Grand Prix national. Après ces deux décennies normandes, Alain Tapié – qui est d’origine picarde – retrouve le nord et s’installe dès
ce mois-ci à la barre du musée des Beaux-Arts de Lille, une institution qui va lui permettre de poursuivre l’expérience engagée mais en la portant à la dimension européenne. Parmi les futurs projets, Alain Tapié envisage ainsi de développer l’axe avec l’Espagne, d’aborder la question des expressionnismes et de mettre en exergue la production décorative lilloise conservée à l’hospice Comtesse. L’envergure d’un musée comme celui de Lille, sa situation géographique et son contexte historique sont autant de paramètres avec lesquels son nouveau directeur a bien l’intention de composer tout en développant le travail d’approche des publics par petits noyaux fidélisés comme il l’a fait à Caen. Dans tous les cas, dans le cadre somptueusement réaménagé par Ibos et Vitart en 1997, entre les collections médiévale et renaissante, flamande (Van Dyck, Rubens) et française (David, Courbet), italienne (trente dessins de Raphaël !) et espagnole (Greco, Goya), Alain Tapié est certain d’y trouver son bonheur.
Et, une nouvelle fois, nous le faire partager.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°550 du 1 septembre 2003, avec le titre suivant : Alain Tapié

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