30 ans et après ?

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 25 juin 2012 - 355 mots

Les fonds régionaux d’art contemporain, dont les collections augmentent inexorablement, sont-ils voués à devenir des musées ? Pas si sûr…

Désormais bien ancrés dans le paysage culturel, les fonds régionaux d’art contemporain, nés en 1982 d’un partenariat entre l’État et ses régions, peuvent aujourd’hui se targuer d’être des exemples d’une politique de décentralisation réussie. Car si certains d’entre eux ont connu quelques soubresauts au cours de leur jeune histoire, ces organismes sont parvenus à réunir un ensemble de plus de vingt-cinq mille œuvres, disséminées dans chacune des régions françaises.

Les Frac seraient-ils toutefois arrivés à la croisée des chemins ? Prévus initialement sans emplacement particulier, la plupart se sont installés, à partir du début des années 1990, dans des lieux qui leur sont propres. Et six d’entre eux (Aquitaine, Bretagne, Centre, Franche-Comté, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur) deviendront sous peu des "Frac de seconde génération" , c’est-à-dire qu’ils seront dotés de bâtiments spécifiques.

Garder l’esprit Frac
Cela signifie-t-il que les Frac se prendraient aujourd’hui pour des musées ? "La construction de ces nouveaux bâtiments répond aux besoins particuliers de certains Frac, estime plutôt Bernard de Montferrand, président du Frac Aquitaine et du réseau Platform, regroupement des Frac. Nous veillons à garder l’esprit Frac, cet esprit pionnier et expérimental, celui de structures flexibles qui vont sur le terrain et dont 45 % des collections tournent constamment. Il n’est pas question que les Frac deviennent d’importantes structures patrimoniales. " 

Reconnus mais pas connus
Même pourvus de nouveaux bâtiments, conçus comme des "symboles de créativité", les Frac resteront donc des antimusées. Cela malgré l’accroissement de leurs collections. Que deviendront-elles, quand les artistes représentés seront entrés dans l’histoire de l’art ? Là encore, c’est l’esprit des Frac qui devrait être préservé. "Il n’y aura pas de réponse unique. Chaque Frac trouvera sa propre solution avec les institutions locales en respectant sa mission de présenter les œuvres au plus près des publics", juge Bernard de Montferrand.

Reste un autre défi pour ces étendards de la décentralisation culturelle : se faire désormais mieux connaître du public et des instances nationales et locales. Pour éviter que les idées reçues n’aient encore la vie dure.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°648 du 1 juillet 2012, avec le titre suivant : 30 ans et après ?

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