101e jour de grève à la National Gallery de Londres

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 25 septembre 2015 - 500 mots

LONDRES (ROYAUME-UNIS) [24.09.15] - C'est avec une pointe de regret qu'Ieva, une touriste lituanienne de 25 ans, quitte la National Gallery: elle n'a "pas pu voir les Rembrandt". Le prestigieux musée londonien est en grève depuis plus de cent jours, et certaines de ses plus illustres collections sont inaccessibles.

L'établissement, un majestueux bâtiment situé à Trafalgar Square, reste ouvert au public mais jeudi, au 101e jour du mouvement social, près de la moitié des salles d'exposition étaient fermées, notamment celles abritant les oeuvres du Caravage, Rembrandt ou Le Titien.

La grève, illimitée, a été lancée début août pour protester contre un plan de privatisation des services aux visiteurs, qui concerne environ 400 postes sur 600.

Dans le cadre de ce plan, le nouveau directeur du musée, Gabriele Finaldi, ancien adjoint au Prado de Madrid, avait annoncé courant juillet la signature d'un contrat de cinq ans avec la compagnie privée Securitas. Celle-ci va désormais s'occuper de l'accueil des visiteurs et de la sécurité des oeuvres exposées.

Jeudi matin, un message à l'entrée du musée prévenait qu'"en raison de la grève", certaines salles resteraient "fermées", suscitant des réactions contrastées parmi les touristes.

"J'ai toujours voulu visiter la National Gallery et c'est ma première fois. Ca m'ennuie parce que je n'ai pas pu voir les Rembrandt et les autres toiles célèbres", dit Ieva.

"Cela ne nous a pas embêtés", lancent en revanche Sara et Marco, un couple d'Italiens, pas si mécontents de retourner flâner dans les rues de la capitale britannique en profitant d'un rayon de soleil.

Pour Jakub Vavra, une touriste tchèque de 20 ans, le musée n'en offre pas moins une collection spectaculaire: "Je suis venue pour voir les impressionnistes, les toiles sont incroyables".

- Soutien de Jeremy Corbyn -

Ouverte 361 jours par an, la National Gallery possède une vaste collection d'oeuvres du XIIIe au XIXe siècle. Lors de la saison 2013-2014, près de six millions de visiteurs ont pu y admirer des pièce maîtresses de Van Gogh, Van Eyck, Botticelli ou Léonard de Vinci.

Le mouvement social concerne environ 230 employés, en majorité des membres du syndicat des services publics et commerciaux (PCS), et a reçu le soutien de Jeremy Corbyn, le nouveau patron du Parti travailliste, chantre de la gauche radicale.

Jeudi, près d'un piquet de grève à l'entrée du musée, des grévistes distribuaient des tracts appelant à boycotter l'établissement et à signer une pétition en ligne.

"Nous vous demandons d'exprimer votre soutien en vous abstenant de visiter la National Gallery aujourd'hui, et en allant plutôt dans un autre musée londonien", explique le PCS dans un tract à destination des touristes et rédigé en anglais, français, italien et espagnol.

Bien que la grève ait déjà dépassé les cent jours, la responsable culture du syndicat, Clara Paillard, s'est montrée confiante quant au réglement du conflit. "Nous sommes optimistes. Nous faisons des progrès", a-t-elle assuré à l'AFP.

La direction a en revanche regretté ce 101e jour de perturbation en soulignant qu'un musée avait vocation à rester "accessible autant que possible".

Légende photo

National Gallery, Londres © Photo Poco a poco - 2014 - Licence CC BY-SA 3.0

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