Canada - Mémorial

Inauguration du premier mémorial de l'Holocauste canadien

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 29 septembre 2017 - 383 mots

OTTAWA (CANADA) [29.09.17] - Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, quarante mille rescapés de la Shoah sont venus trouver asile au Canada. Le pays ne comptait pas pour autant de lieu de mémoire évoquant les événements de l'Holocauste.

Le mémorial de l’Holocauste, inauguré le 27 septembre 2017, a été conçu par l'architecte américain Daniel Libeskind. En 2003, il avait remporté le concours pour l'édification de Ground Zero, mémorial du 11-Septembre à New York. En 2014, son projet a été retenu face aux propositions de David Adjaye et Ron Arad, entre autres. La conception du projet final s'est faite en collaboration avec l'architecte paysagiste montréalais Claude Cormier, le photographe Edward Burtynsky ainsi qu'avec Doris Bergman, spécialiste de la Shoah et professeur à l'université de Toronto. Le projet aura mis dix ans à voir le jour ; les travaux ont commencé l'année dernière. Il est à l'initiative d'une étudiante de l'université d'Ottawa qui a lancé une levée de fonds.

Le bâtiment, fait de métal et de béton ressemble, vu du ciel, à une étoile de David étirée et asymétrique. Il rappelle la précédente réalisation de Libeskind, le Musée juif de Berlin qui se structure autour d'un exercice similaire. L'édifice canadien s'étend sur 3 200 m², à ciel ouvert. Prévu pour accueillir jusqu'à mille personnes lors de commémorations, sa configuration oblige les visiteurs à descendre pour y accéder. À la sortie, la déclivité donne l'impression d'une ascension. Des tirages de Burtynsky sont incrustés dans les six murs du mémorial. Mesurant plus de douze mètres de haut, ils représentent les voies ferrées empruntées par les trains de déportation. Les clichés ont été pris des années après la Guerre, alors que la végétation a repris ses droits.

Dans ce rapport au paysage, il est aussi possible d'y lire un rappel de l'histoire du Canada avec l'extermination des peuples indigènes : « Vous pouvez regarder un paysage et penser seulement à sa beauté mais en réalité, l'une des choses les plus terribles qui soit arrivés à l'humanité a eu lieu ici » commente Gail Dexter Lord, co-président de Lord Cultural Resources qui a conseillé la scénographie. Il ajoute : « le recours à l'imagerie de la nature renvoie à l'importance du paysage dans l'histoire et l'identité canadiennes ». Des conifères ont été plantés tout autour du bâtiment.

Légende photo

Projet du National Holocaust Monument réalisé par l'architecte américain Daniel Libeskind © Studio Libeskind | Gouvernement du Canada

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