Expertises

La peinture dans son assiette

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 15 novembre 2010 - 459 mots

Dans la première moitié du XIXe, la porcelaine peinte de Sèvres a atteint des sommets techniques et artistiques. Ce qui n’a pas empêché la prolifération de faux.

On a coutume de dire que le domaine des porcelaines de Sèvres est un marché de banquiers. Parce que ce marché est sécurisé : les collectionneurs savent exactement ce qu’ils achètent. L’authenticité des œuvres est garantie par l’existence d’archives fiables pour la période de production du XIXe siècle dont la première moitié correspond à l’âge d’or de la porcelaine de Sèvres.
Au sortir des dernières années de la royauté et du tumulte de la Révolution, la manufacture de Sèvres est au bord de la faillite. Nommé directeur de la manufacture impériale de porcelaine de Sèvres en 1800, Alexandre Brongniart la remettra à flot et en bonne situation de concurrence avec les fabriques viennoises et berlinoises qui excellent à l’époque en Europe. Il lui donnera pendant près d’un demi-siècle (jusqu’à sa mort en 1847) une renommée internationale, en axant sa production sur la porcelaine dure et en développant un programme iconographique inouï. Pour cela, il s’est entouré des meilleurs artistes, capables de réaliser de véritables tableaux sur porcelaine, de style très réaliste comme on appréciait alors. Pour combler une demande énorme par rapport à l’offre, une quantité incroyable de faux a pullulé pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Un œil exercé peut déjouer le piège des faux Sèvres.
Le marché de la porcelaine de Sèvres est très dynamique sur la période de l’Empire, car les collectionneurs d’objets d’art impériaux du monde entier viennent grossir les rangs des potentiels acheteurs traditionnels de porcelaine. Ce qui entraîne une flambée des prix sur ce segment. Sous la Restauration, les décors les plus spectaculaires, souvent associés au nom d’un peintre, sont l’objet de toutes les convoitises. Mais le marché, réduit aux amateurs de céramique, est plus stable. Comptez entre 500 et 80 000 euros pour une seule assiette, en fonction de sa rareté et de la qualité de son décor.
L’état de conservation reste un critère essentiel. L’usure des ors (due au frottement des assiettes entre elles lorsqu’elles sont empilées), très difficile à restaurer, peut occasionner une décote de 10 à 50 % de la valeur d’une assiette, en fonction de l’importance de la dégradation. On peut admettre un éclat sur le bord d’une pièce mais, en revanche, une fêlure lui fait perdre 70 à 80 % de sa valeur.

Acheter de la porcelaine de Sèvres

Maison Vandermeersch, 21, quai Voltaire, Paris VIIe, tél. 01 42 61 23 10

Dragesco-Cramoisan, 13, rue de Beaune, Paris VIIe, tél. 01 42 61 18 20

Christie’s, 9, avenue Matignon, Paris VIIIe, tél. 01 40 76 85 85, www.christies.com

Christian Béalu, 3, rue du Bac, Paris VIIe, tél. 01 45 48 46 53

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°630 du 1 décembre 2010, avec le titre suivant : La peinture dans son assiette

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