Aller directement au contenu
Logo accueil

Accueil > L'Oeil > Archives > Violence et performances, histoire d’une pratique banalisée - L'Oeil - n° 623 - Avril 2010

Farine Manou - 1498 mots - L'Oeil n° 623 - Avril 2010

Violence et performances, histoire d’une pratique banalisée

1498 mots - L'Oeil n° 623 - Avril 2010

Pour agrandir ou diminuer le texte, utilisez la molette de votre souris + appuyer sur la touche Ctrl de votre clavier Envoyer à un ami Imprimer Twitter Google Plus Partagez sur facebook

Longtemps un sujet comme un autre, la violence s’est retrouvée propulsée sur le devant de la scène artistique avec la multiplication des performances dans les années 1960. Jusqu’à son épuisement…

La violence, rappelle le philosophe Jean-Luc Nancy, « dénature ce qu’elle violente, elle le saccage, elle le massacre. Elle ne le transforme pas, elle lui ôte sa forme et son sens [...]. La violence reste dehors, elle ignore le système, le monde ». Quel effet de sidération lorsque l’insoutenable regagne le monde par la médiation de l’art ? Pour quel spectateur ? Quelle figure de l’artiste ? Pour quelle efficacité esthétique et politique ? Entre vertus libératoires, enjeux iconoclastes et mécanismes critiques, l’ [...]

L’accès à l'intégralité de l’article est réservé à nos abonné(e)s leJournaldesArts.fr
leJournaldesArts.frVous êtes abonné(e) : IDENTIFIEZ-VOUS ICI
PAS ENCORE ABONNÉ(E) : abonnez-vous maintenant en ligne
Choisissez la formule (pays, titre, durée) qui vous convient et consultez cet article après quelques clics
(si vous êtes étudiant, cliquez ici) :
 
ACHAT ARTICLES
Article unitaire
Pack 10 articles
Pack 30 articles
Pack 50 articles
[non optimisée pour les smartphones]
Chargement en cours...

Conditions de vente : dans le cadre d'un abonnement à une offre à durée libre, la reconduction de l'abonnement pour une durée égale est tacite. L'abonné peut à tout moment demander la résiliation de son abonnement par l'envoi d'un courrier comme indiqué dans nos CGV.

 

Des prisons sans visages

Les Madelonnettes, l’hôtel des Haricots, « l’hôtel des 1 200 Couverts » (Mazas) : ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas de pensions hôtelières avec gîtes et couverts, mais de trois des dix-neuf établissements pénitentiaires qui furent opérationnels à Paris aux xixe et xxe siècles. Une seule de ces prisons reste aujourd’hui en activité : la Santé. Un autre drôle de nom.


Mauvaises graines
Lieu d’enfermement de toutes les violences en même temps que leur conservatoire, la taule fait l’objet d’une exposition de photographies au musée Carnavalet. Trois cent quarante clichés parmi presque quatre mille inventoriés – autrement dit rien depuis l’invention de la photographie – ouvrent au public les lourdes portes des prisons parisiennes et de leur histoire. Problème, sur ces images, on n’y voit rien. Rien de ce qui fait par exemple le sel de la série Prison Break : les émeutes, les suicides, la drogue, les viols... Non, les clichés vantent au contraire la modernité esthétique des bâtiments, le personnel nombreux (et mis en scène) de l’infirmerie, montrent des cellules étrangement vides où règne un calme monastique. Et quand les prisonniers sont là, comme dans les images prises par Henri Manuel dans les années 1930 à Saint-Lazare ou celles de Pierre Jouve en 2006, ils dissimulent leur visage. Car un interdit légal protège l’identité des détenus, qui peut s’interpréter aussi comme un déni d’identité.

Quelques photographes sont parvenus à rendre sensible l’effacement de l’identité. Ce sont les silhouettes découpées à contre-jour par Depardon à la Souricière, ou bien les mineurs photographiés par Pierre Jouve derrière une vitre crasseuse pour brouiller les visages. Ce sont aussi les portraits en creux que Michel Séméniako a tirés en 2009 des détenus de la Santé à partir de leurs affaires personnelles. Mais finalement, ce sont peut-être les clichés de Mathieu Pernot qui témoignent le mieux de cette impossible photographie : de vraies mauvaises herbes qu’il a « portraiturées » dans l’enceinte de la Santé en 2008. Des mauvaises herbes qui n’apparaissaient bien sûr pas dans le reportage commandé à Charles Marville par la Ville de Paris quand il s’agissait de valoriser la politique édilitaire d’Haussmann, en 1867.

Fabien Simode

EN SAVOIR PLUS
EN SAVOIR PLUS
Toutes les Unes de L'oeil :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998

Toutes les Unes du Journal des Arts :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998 -  1997 -  1996 -  1995 -  1994
RECHERCHER UN ARTICLE
Mot-clef :
RECHERCHER UNE EXPOSITION
Mot-clef :
Ville :
SONDAGE

Etes-vous favorable à ce que des salles de musées portent le nom de donateurs de manière permanente ?

Oui
Non
Sans opinion

Paris by Night
Annuaire du monde de l'art
Palmares des musees 2016
Artindex France