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La Fiac contre-attaque

L'Oeil - n° 617 - Octobre 2009

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L'an dernier la Fiac ouvrait quelques semaines seulement après la faillite de la banque Lehman Brothers, en pleine tempête financière. Cette année, alors que la crise économique a pris le relais de la crise bancaire, s’ajoute une nouvelle tuile : la grippe A (H1N1).

Autant dire que la 36e édition ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices. Pourtant les signes encourageants ne manquent pas. D’abord l’édition précédente n’avait pas sombré sur le plan commercial. Puis l’énorme succès de la vente Bergé-Saint Laurent en février avait montré qu’il y a toujours de très riches collectionneurs prêts à acheter de belles pièces. La Foire de Bâle en juin avait elle aussi tenu le coup, ce qui était encore plus rassurant pour le marché de l’art contemporain, toujours plus volatil que celui de l’art ancien. Depuis, le PIB français du second semestre est étonnamment repassé dans le vert tandis que le CAC 40 a repris 40 % depuis son plus bas niveau en mars 2008. Ces bons indicateurs ont alimenté un léger vent d’optimisme sur la place de Paris, dont certains voudraient croire qu’elle pourrait profiter de la crise pour reprendre son rang. Il est vrai qu’il y a des facteurs objectifs. Les collectionneurs français se recrutent moins chez les traders, contrairement à Londres ou New York, et sont donc moins affectés par la tempête financière. Les collectionneurs étrangers, dans un retour aux valeurs traditionnelles de confort et de classicisme, redécouvrent les atouts de Paris : ses palaces, ses musées, ses boutiques de mode.

Au Grand Palais, les galeries étrangères restent majoritaires
La Fiac joue de malchance alors que son offre s’est nettement améliorée, notamment depuis son retour au si peu pratique Grand Palais. Sa géographie s’installe lentement dans la tête des visiteurs : moderne et contemporain au Grand Palais, création émergente à la Cour carrée du Louvre et installations dans le jardin des Tuileries. Pragmatique, elle s’adapte chaque année à l’air du temps. Le glamour qui avait caractérisé les premières années Flay/Bethenod n’est plus l’idéologie dominante. Retour aux fondamentaux qui sont la sélectivité et l’international. L’édition 2009 affiche un taux de renouvellement en trompe-l’œil : une soixantaine de nouvelles galeries sur un total de cent quatre-vingt-dix. En réalité la crise a découragé certains poids lourds de venir, libérant des mètres carrés pour de « bonnes » galeries françaises qui peuvent ainsi faire leur retour : Claude Bernard, Jean Brolly ou encore Catherine Issert. L’équation internationale est plus difficile à résoudre. Faut-il privilégier le marché et les acteurs locaux au risque d’apparaître comme une foire locale (une injure dans le vocabulaire professionnel), ou l’inverse, au risque d’affaiblir le terreau local et de susciter des aigreurs. Avec 60 % de galeries étrangères, les organisateurs ont choisi la seconde option, comptant sur le off, toujours aussi actif, pour donner de la place à tout le monde.

Le Off et le moderne en vedettes américaines
Les manifestations parallèles sont au nombre de quatre cette année [voir carte p. 38]. Show Off qui s’étiolait à l’Espace Cardin et Art Élysées jouent la proximité géographique et la complémentarité avec le Grand Palais en s’installant sous des tentes. Show Off est plus prospective, tandis que Art Élysées est plus hétérogènes. Slick investit une fois encore un lieu emblématique, le Centquatre, malheureusement trop excentré. Cutlog, la petite nouvelle au profil indéterminée, mais qui s’annonce avant-gardiste, s’installe à la Bourse du commerce. En 2009, le discours des organisateurs met l’accent sur le moderne, histoire de bien se singulariser du positionnement ultracontemporain de sa concurrente anglaise Frieze et mieux épouser la diversité des collectionneurs. Mais comme il n’y a plus tant que cela de galeries modernes (Jeanne Bucher, Applicat-Prazan, Zlotowski sont les rares derniers descendants) et que celles-ci ne trouvent pas toujours leur compte à la Fiac, les organisateurs ont demandé à dix grandes galeries de présenter sur un même stand deux ou trois œuvres « de qualité muséale ». Krugier va ainsi exposer un Bacon et un Picasso, Patrick Bongers de la galerie Louis Carré, un Kupka et un Léger. L’équilibre économique de la manifestation repose en grande partie sur les sponsors. Cette année un partenariat astucieux s’est noué avec les Galeries Lafayettes, qui investissent année après année et avec méthode la scène contemporaine. Le grand magasin parraine un secteur prospectif composé d’une quinzaine de galeries émergentes et remettra un prix à l’un des artistes exposés. Un nouveau prix, qui va devoir composer avec les traditionnels prix Duchamp et Ricard. Tout est donc en place pour que la grande fête annuelle de l’art contemporain commence. Mais voilà, il y a aussi la pandémie dont le pic coïncide avec les dates du salon. Tamiflu et vaccins éviteront-ils de soient décimés galeristes et visiteurs ? Au moment où nous mettons sous presse, personne ne se risque à la moindre hypothèse.

Jean-Christophe Castelain

La Fiac au jardin des Tuileries
L’exposition du jardin des Tuileries promet quelques délicatesses. Et pour cause : la programmation, que Jennifer Flay et Martin Bethenod concèdent « plus fragile mais plus subversive », prend ses distances avec les habitudes musclées de la sculpture en espace public. On devrait y surprendre un bonhomme de neige sur pelouse installé par Pierre Ardouvin, un bronze déjanté du pataphysicien fraîchement disparu Barry Flanagan, un fracas sonore et lumineux de cymbales sur bassin signé Kader Attia et on pourrait même entrevoir Laurent Tixador, entre pois sauteur et moine cénobite, perché le temps de la Fiac dans un habitacle sur molles échasses. Clou espéré : la mise à feu par Giraud et Siboni d’un über-feu d’artifice. Cinq cents départs de fusées en un éclair instantané pour une réflexion pétaradante sur le spectacle et l’événement.

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