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John Cage : Couleur & Culture

La couleur est-elle universelle ?

L'Oeil - n° 606 - Octobre 2008

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« J’avoue n’avoir jamais cru à une symbolique universelle des couleurs […]. Au contraire, j’ai toujours souligné combien les problèmes et les enjeux de la couleur étaient culturels », écrit Michel Pastoureau, le spécialiste français des couleurs, dans Noir, histoire d’une couleur, à paraître en octobre.

John Cage, son éminent homologue britannique, ne dit pas autre chose en introduction de Couleur & Culture, fruit de trente années de recherches. « Nous croyons les couleurs douées d’un langage direct et sans équivoque […]. J’espère que mon livre rendra cette hypothèse plus douteuse », écrit l’historien qui, sur plus de trois cents pages, y parvient en étudiant les grandes théories sur la couleur de celle de Pline à celles de Josef Albers.

Les mots de la couleur
Pour les deux historiens, il n’existe pas de couleur universelle qui possèderait les mêmes significations aux différentes époques et diverses régions du monde, à l’exception du rouge pour le sang et du vert pour la nature, remarque Pastoureau. Cage relève bien avec le pourpre une référence récurrente aux dieux et aux rois, mais c’est à peu près tout.
L’histoire du vocabulaire désignant les couleurs dans l’histoire de l’art sert brillamment la démonstration des deux spécialistes. Cage remarque par exemple que les éleveurs et marchands de chevaux employaient en grec byzantin onze termes pour décrire la robe des équidés, tandis qu’en l’an mille un glossaire arabo-latin n’en recensait que huit et que, plus récemment, en Russie occidentale, près d’une soixantaine de mots était utilisée.
Cette pluralité des vocabulaires n’a pas facilité la transmission des couleurs entre les époques. Ainsi de la Renaissance au xixe siècle, les peintres et les philosophes n’ont pas toujours « compris » les théories chromatiques antiques qui parlaient non pas en teintes, mais en éléments et en lumières.
Ce serait donc à la suite d’une « erreur linguistique », écrit Cage, que le bleu serait devenu au XVIe siècle une couleur fondamentale, prenant la place du jaune dans la théorie tétrachrome de Pline (noir, blanc, rouge, jaune). Au xviie, avec Newton, c’est au tour du noir, cette fois, de perdre son rang et de devenir une « non-couleur ». Probablement la fin du Moyen Âge a-t-elle porté le coup de grâce à cette teinte auparavant si importante.

Fabien Simode

J. Cage, Couleur & Culture, Thames & Hudson, 336 p., 223 ill., 79 euros.

M. Pastoureau, Noir, Seuil, 216 p., 100 ill., 39 euros.

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