Grands formats au Grand salon

L'ŒIL

Le 1 février 1999 - 184 mots

Réclamé en 1981 par le Musée d’Orsay, Le Siècle d’Auguste (1852-1855) de Gérôme rejoint finalement les cimaises du Grand salon du Musée de Picardie, qui fut son écrin privilégié pendant un siècle. Cette vaste allégorie historique, dérivée de la fameuse Apothéose d’Homère d’Ingres, est sans doute l’un des plus grands tableaux conservés par les musées français (plus de 6 mètres sur 10). Témoin du gigantisme cher à l’art académique du siècle dernier, il apparaît, avec son nombre record de personnages et son sens aigu de la mise en scène, comme l’ancêtre pictural des peplum. À ses côtés, fraîchement sorti des réserves, prend place un Radeau de la Méduse, exécuté par Désiré Guillemet et Eugène Ronjat d’après Géricault. Cette réplique fidèle de l’« icône » du romantisme fut commandée en 1859 en raison de l’état alarmant de son illustre modèle. Plus lisse, moins vigoureuse que ce dernier, elle en restitue toutefois les qualités chromatiques et l’élan pathétique. Clés de voûte d’un nouvel accrochage du Grand salon, ces deux grands formats font battre d’un sang neuf le cœur du Musée de Picardie.

AMIENS, Musée de Picardie.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°503 du 1 février 1999, avec le titre suivant : Grands formats au Grand salon

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