Art au sol, à voir et à marcher

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 mai 1999 - 280 mots

Décidément, l’Espace de l’Art concret n’est pas un lieu comme les autres. Il fut un temps où il nous invitait à « Voir et s’asseoir », il nous propose aujourd’hui de poser notre regard à même le sol. Non seulement nos yeux mais aussi nos pieds. Considérant que « le temps a passé où l’on a mis toute son énergie sur un objet exceptionnel » et qu’« il s’agit aujourd’hui d’être responsable du milieu tout entier », Gottfried Honegger qui est l’âme même de ce centre d’art et le concepteur des expositions qui y sont présentées a choisi de célébrer le printemps au ras des pâquerettes. « Art au sol » regroupe une petite douzaine d’artistes concrets – de Armleder à Vasarely en passant par Federle, Sonia Delaunay, Herbin, Morellet ou Mosset – qui ont réalisé des tapis car, pour eux, ceux-ci ne sont pas des objets élitistes. Il est vrai qu’il y a belle lurette que les artistes de cette tendance ont proclamé haut et fort qu’il n’y avait pas de frontière entre les Beaux-Arts et les arts appliqués. Démonstration est faite une nouvelle fois. L’exposition de Mouans-Sartoux, qui mêle les jeux tant de formes que de couleurs, se développe selon trois modes distincts : le premier esthétique, les tapis étant présentés comme des œuvres d’art isolées ; le deuxième comparatif, des tableaux et des chaises accompagnant les tapis ; le troisième, enfin, expérimental. Ce dernier est en effet l’occasion d’une surprenante création de Leni Hoffmann, un tapis tout entier réalisé en pâte à modeler. Invitation est ainsi faite au visiteur d’entrer de plain pied dans l’œuvre. Phénoménologique, en quelque sorte.

MOUANS-SARTOUX, Espace de l’Art concret, jusqu’au 13 juin.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°506 du 1 mai 1999, avec le titre suivant : Art au sol, à voir et à marcher

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