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Richard Serra... Monumenta(l), évidemment !

L'Oeil - n° 602 - Mai 2008

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Inaugurée l’an passé avec Anselm Kiefer, la première édition de Monumenta en avait laissé plusieurs sur leur faim, malgré le succès public qu’elle avait rencontré.

Il faut bien dire que, face au gigantisme de la nef du Grand Palais, le peintre allemand n’avait pas trouvé d’autre solution – outre de placer ici et là quelques imposantes sculptures – que de faire construire cinq white cubes pour y exposer ses peintures : une façon détournée d’appréhender l’espace. Erreur de casting ou timidité de l’artiste ?

Invité du cru 2008, l’Américain Richard Serra s’avère être plus rôdé à ce genre de tâche. Rien de surprenant quand on se souvient de cette œuvre magnifique, intitulée Clara-Clara, qu’il avait installée en 1993 dans le jardin des Tuileries, et que l’on aimerait bien voir remise en place plutôt que de la savoir mourante dans un dépôt de la Ville de Paris. Quant à ceux qui ont visité le musée Guggenheim de Bilbao et qui ont éprouvé sur place le fameux Snake du sculpteur, ils en sont encore sous le coup.

Pour le Grand Palais, Richard Serra a conçu une œuvre qui s’offre à voir comme un monumental paysage d’acier corten – son matériau de prédilection – à l’intérieur duquel le visiteur est invité à déambuler. Intitulée Promenade, elle joue avec l’architecture du site, opposant ses surfaces massives couleur de rouille à celles vitrées et transparentes de la grande nef. Plus que jamais l’expérience à laquelle nous convie l’artiste met en cause nos habitudes perceptives et bouleverse le rapport d’équilibre et de massivité que nous entretenons ordinairement avec cet espace. En cela comme par son recours à un langage plastique extrêmement simplifié, la démarche de Richard Serra est familière de l’art minimal.

C’est dire la pertinence du choix qui a été fait pour cette opération qu’est Monumenta tant elle exige que l’artiste invité prenne en compte l’existant architectural, voire institutionnel du lieu. Ordinairement consacré à la présentation de manifestations qui appellent l’idée du nombre – grandes expositions collectives et autres foires comme la Fiac, par exemple –, le Grand Palais se voit ici proprement subverti par une proposition réduite à un simple geste sculptural. Tout l’intérêt de l’intervention de Serra réside notamment dans l’écart entre ces deux extrêmes. Simple question de renversement de point de vue.

Philippe Piguet

Voir

« Monumenta 2008-Richard Serra », Grand Palais, avenue Winston-Churchill, Paris VIIIe, www.monumenta.com, du 7 mai au 15 juin 2008.

Légende photo

Richard Serra - Promenade - Monumenta - Grand Palais - Jour du vernissage - 2008 - © photo Ludosane

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