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Keith Haring - Signe distinctif d’art alternatif

L'Oeil - n° 602 - Mai 2008

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Figure majeure des années 1980 versant art graffiti, Keith Haring, mort du sida à 32 ans, a traversé la décennie à la vitesse de l’éclair. Il a laissé une œuvre qui fait toujours signe, comme on peut le voir au musée d’Art contemporain de Lyon.

Un gros trait noir continu qui cerne la forme dessinée, des figures réduites à leur plus simple expression, les trois couleurs primaires plus le vert : l’art de Keith Haring est immédiatement reconnaissable. Apparu au début des années 1980, il appartient à une génération d’artistes dits « graffitistes » qui se sont viscéralement identifiés à leur époque, pour le meilleur et pour le pire, à la vie à la mort.
Né en 1958 à Reading, en Pennsylvanie, Keith Haring a connu en une décennie un succès foudroyant que sa mort, du sida, est venue interrompre brutalement en février 1990.
   
Après un enseignement « classique », Haring bascule rapidement dans le graffiti
Passionné de dessin dès son plus jeune âge, immergé dans la culture populaire, la musique rock des seventies et le mouvement beatnik, Haring suit jusqu’en 1978 des cours de dessin publicitaire à Pittsburgh. La découverte qu’il fait cette année-là de l’œuvre d’Alechinsky dans une rétrospective au Carnegie Museum le marque profondément. Il s’inspire alors de la bande dessinée, des dessins d’animation et de Cobra. Fin des années 1970, Haring s’installe à New York, s’inscrit à la School of Visual Arts et y suit l’enseignement de Joseph Kosuth, témoignant d’une vive curiosité pour la sémiologie.
Très vite, Keith Haring intègre le contexte alternatif new-yorkais, se lie avec Basquiat, Kenny Scharf, Futura 2000 et autres artistes underground. Il réalise toute une série de dessins à la craie blanche sur papier noir collé sur les panneaux publicitaires du métro et échafaude un vocabulaire fait de pictogrammes. Tout d’abord des soucoupes volantes et différentes figures animales et humaines, puis il crée la figure du « radiant baby » qui deviendra la marque de son style.
Keith Haring explore toutes les techniques, tous les supports, avide d’occuper toujours le terrain à la façon d’un Pollock qui déborderait le champ de sa toile pour envahir l’espace.
Entré dès 1982 chez Tony Shafrazi qui a pressenti son talent, Haring gagne très vite une notoriété internationale et participe aux grandes expositions – Documenta de Kassel (1982), Biennale de Venise (1983) puis de Paris (1985). S’il aborde dans son art toutes les grandes questions qui agitent la société – l’argent, le pouvoir, la sexualité… –, il se montre très attentif au monde des enfants qu’il considère comme le plus pur.

Le « Pop Show », sa boutique de produits dérivés, n’a pas toujours été apprécié
Soucieux de rendre son art encore plus accessible à tous, Keith Haring – qui fait aussi de grandes sculptures, des vidéos et d’immenses peintures murales – ouvre en 1986 une boutique de produits dérivés qu’il appelle son « Pop Show ». Une entreprise commerciale qui ne sera pas toujours bien perçue dans le monde de l’art alors que tous les revenus sont reversés à des organisations caritatives, Haring étant particulièrement sensible à toutes les misères de son époque.
L’œuvre qu’il nous a laissée est riche de tout un monde d’images hautes en couleur. Malgré leur apparente simplicité, elles n’en sont pas moins d’une grande force expressive et fondent tout un langage de signes qui sont universels, et à ce titre donc toujours aussi vivaces.

Philippe Piguet

Posters, tee-shirts, casquettes… le label Keith Haring

Comme s’il voulait reprendre à son compte le slogan des surréalistes proclamant qu’il faut « changer la vie », Keith Haring, qui a toujours aspiré à être un artiste populaire, décide d’ouvrir une boutique dont les produits seraient tous illustrés par lui. Située à Soho, celle-ci est inaugurée en avril 1986. Recouverte du sol au plafond de son écriture méandreuse, elle est une œuvre d’art en soi et l’on y trouve toutes sortes d’objets, des jouets aux posters en passant par des tee-shirts, casquettes, pin’s, magnets, etc. S’il ne fait pas œuvre originale – en ce domaine Ben est précurseur et à la même époque les Di Rosa créent aussi leur boutique à Paris –, Haring imagine son « Pop Show » à un moment où sa cote connaît son acmé. Le geste est lourd de signification car il permettait ainsi au plus grand nombre d’acquérir quelques-unes de ses productions à très bas coût. D’autant que Keith Haring ne conçoit pas cette activité comme un simple principe de reproduction du travail existant mais comme un prolongement pleinement créatif de son œuvre, une extension de celle-ci. S’il attise la vindicte de certains professionnels conservateurs qui n’acceptent pas que l’on déconsidère ainsi l’art, Haring est en revanche grandement soutenu dans son entreprise par Warhol et consorts.

Son magasin lui a survécu quinze ans
Ce faisant, outre le fait d’accéder au plus grand nombre, ce qui intéressait l’artiste était la capacité de diffusion et de circulation des objets qu’il proposait dans son « Pop Show ». En ce sens, il adhérait à une forme d’action que les artistes de la Renaissance avaient développée en leur temps en multipliant la pratique de l’estampe et il ne faisait rien d’autre que d’importer dans le monde de l’art le concept de « label ». Quand on songe à la fortune de ce mode et de ce mot aujourd’hui, on mesure à quel point il a fait acte de pionnier. Que le « Pop Show » ait survécu quinze ans à son créateur – il n’a fermé qu’en septembre 2005 – en dit long sur la force d’impact du label.

Biographie

1958
Naissance de Keith Haring en Pennsylvanie (États-Unis).

1977-1978
S’installe à New York et s’inscrit à la School of Visual Arts. Il se lie avec Kenny Scharf et Jean-Michel Basquiat.

1980
Expose au Club 57, lieu fétiche de l’avant-garde new-yorkaise.

1982
Participe à la Documenta 7 à Kassel (Allemagne).

1984-1986
Fresquiste réputé dans le monde entier, il peint des décors en plein air à l’hôpital Necker à Paris.

1990
Meurt à New York à l’âge de 32 ans.

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