musée

Agnès Martin, du vide à la saturation

L'ŒIL

Le 1 février 2002 - 229 mots

L’œuvre picturale d’Agnès Martin est l’une de celles qui refusent avec le plus de force l’héroïsme propre à l’art minimal américain, ce mouvement auquel on l’associe à tort. En ce sens, sa pratique artistique est bien plus proche des peintures d’un Robert Ryman que de l’art d’un Donald Judd ou même un Sol LeWitt. En effet, l’acte de peindre chez cette artiste semble au premier abord se réduire à quelques traces, vagues actes ou elle trace des grilles de lignes ténues sur une toile presque vierge. Pourtant, d’œuvre en œuvre, ces subtiles variations prennent un caractère d’événement proche du fameux sublime tant recherché dans les années 50 par des artistes comme Barnett Newman. Ces compositions constituent alors les indices d’une quête spirituelle qui joue simultanément sur le vide et la saturation d’un espace au point de s’achever au début des années 70 dans d’infimes variations monochromes. Après un silence de près de 10 ans, Agnès Martin s’est lentement remise à la peinture durant les années 80. A l’occasion de son 90e anniversaire, la Menil Collection présente actuellement le travail de ses dix dernières années, qui n’avait pratiquement jamais été vu. Considérées par son auteur comme de véritables objets de méditation, ces œuvres alternent des patterns géométriques élémentaires et de vastes espaces vierges de toutes inscriptions.

- HOUSTON, Menil Collection, 1511, Branard Street, tél. 713 525 9400, 1er février-26 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°533 du 1 février 2002, avec le titre suivant : Agnès Martin, du vide à la saturation

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