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Anne Vallayer-Coster, de la gloire à l’oubli

L'ŒIL

Le 1 septembre 2002 - 248 mots

« Nonobstant les inconvénients de son sexe, elle a mené l’art difficile de rendre la nature à un degré de perfection qui nous enchante et nous surprend » : si elle se veut un compliment, cette remarque parue dans le Mercure de France en 1770 n’en dit pas moins la condescendance d’une critique qui a eu tôt fait de ranger le travail d’Anne Vallayer-Coster au rang des belles curiosités plutôt que de la grande peinture. En cette année 1770, Anne Vallayer-Coster (1744-1818) fait pourtant, à 26 ans, son entrée à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture et compte parmi les quatre seules femmes admises par la prestigieuse institution jusqu’à la Révolution.
Sa spécialité, la nature morte et les fleurs en particulier, est certes alors tenue comme un genre mineur. Peintre appliquée autant que douée, elle développe néanmoins très tôt un style virtuose qui suscite l’admiration de Marie-Antoinette. Anne Vallayer-Coster devient alors chef du cabinet de peinture de la reine et l’une de ses proches. Elle réalise également quelques portraits mais ceux commandés par Louis XVI et la reine sont aujourd’hui disparus. Car si Anne Vallayer-Coster a eu son heure de gloire à la cour, la Révolution et ses lendemains ont rapidement jeté son travail dans l’oubli. Avec l’exposition de quelque 40 natures mortes de Vallayer-Coster, la National Gallery, à Washington, lève enfin le voile sur une œuvre malheureusement peu connue.

- WASHINGTON, National Gallery of Art, Constitution Avenue, tél. 00 (1) 202 737 4215, 30 juin-22 septembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°539 du 1 septembre 2002, avec le titre suivant : Anne Vallayer-Coster, de la gloire à l’oubli

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