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Michel-Ange, le peintre des sculpturaux ignudi

L'Oeil - n° 598 - Janvier 2008

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Michel-Ange peintre, c’est une peinture sur bois et trois ensembles muraux. À elle seule, cette aride comptabilité dit bien la considération du maître pour la peinture. Michel-Ange (1475-1564) s’estime avant tout sculpteur et architecte.

Mais comme il est aussi un génie, et le mot est faible pour caractériser son incroyable talent, son œuvre peint est immense, absolu et universel.

Il peint comme il sculpte
À l’exception des deux tableaux de Londres, à la paternité très contestée, une Vierge à l’enfant et une Mise au tombeau, la première et la seule peinture sur bois connue est le Tondo Doni exécuté vers 1504/1507. Déjà, derrière la Sainte Famille, apparaissent cinq jeunes hommes nus. Peu de temps après, Michel-Ange est accaparé par la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine, un chantier gigantesque qui l’occupe près de quatre ans. Là aussi, le corps nu masculin, et notamment les fameux ignudi, renouvelle audacieusement le répertoire iconographique religieux habituel. Suit une longue parenthèse de plus de 20 ans, au cours de laquelle il ne peint pas.
Puis, il exécute de 1536 à 1550 la fresque du Jugement dernier au centre duquel trône un Christ imberbe et athlétique. Enfin il réalise, dans la foulée, deux peintures murales moins connues du public, dans la chapelle Pauline, la chapelle privée du pape Paul III : une Conversion de saint Paul et une Crucifixion de saint Pierre.
Michel-Ange peint en sculpteur. Il délaisse le paysage. Les décors de la Genèse, par exemple, sont à peine esquissés, au profit des personnages bibliques qui sont en quelque sorte monumentalisés. Il s’attache à représenter la plastique humaine dans toutes ses positions et attitudes. Les silhouettes sont cernées, le dessin est précis, la structure musculaire volontiers exagérée. Dès lors, on comprend pourquoi les vêtements lui sont insupportables. Pourtant les campagnes de restauration entreprises depuis 1979 ont permis de révéler un coloriste brillant, soucieux de moduler les volumes par des effets de contrastes de couleur, bien loin des aplats monochromes qui transparaissaient sous les couches de suie.
L’un des grands mérites de l’ouvrage, qui fait suite au premier tome (lire L’œil n° 588) sur le sculpteur (dans cet ordre naturellement) est justement de montrer des illustrations récentes après ces restaurations. Les détails de la voûte de la Sixtine, agrandis et à la chromie soigneusement imprimée, renouvellent notre regard sur ce chef-d’œuvre. S’ajoute à cela un effort méritoire pour expliquer l’iconographie des deux ensembles muraux.

Julien Tribut

Cristina Acidini-Luchinat, Michel-Ange peintre, Actes Sud, 396 p., coffret, 140 € (prix de lancement, jusqu’au 31 janvier 2008, 120 €).

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