Livre

Les Métamorphoses illustrées par la peinture baroque

Par Guillaume Morel · L'ŒIL

Le 1 décembre 2003 - 420 mots

Avec ses 11 996 vers de six mesures, répartis en quinze livres, Les Métamorphoses d’Ovide (43 av. J.-C.-17 ap. J.-C.) est le plus long poème écrit dans l’Antiquité. Rédigé en l’an 1, c’est aussi et surtout l’œuvre fondatrice de l’auteur des Amours, des Héroïdes – lettres d’amour écrites par des figures mythologiques – ou de L’Art d’aimer, ouvrage qui lui vaut d’être exilé par Auguste en l’an 8. Ovide raconte dans Les Métamorphoses deux cent trente et une histoires mythologiques, de la création du monde (livre I) au règne d’Auguste (livre XV).

Autant de récits d’amours passionnées, tourmentées ou voluptueuses de nymphes et de satyres, de héros, d’hommes et de femmes de l’Antiquité qui se voient tour à tour métamorphosés en plantes, en animaux, en pierres ou en constellations pour les délivrer, les condamner ou alléger leur souffrance. Un thème qui avait été précédemment traité en littérature, notamment par le Grec Parthénios de Nicée et le poète latin Aemilius Macer. Ovide s’est inspiré des textes d’Homère, de Virgile ou de Lucrèce, mais aussi de fresques mythologiques aujourd’hui détruites, dues à Polygnote, Parrhasios ou Apelle. Les éditions Diane de Selliers ne publient qu’un livre par an, mais l’événement est toujours à la hauteur de l’attente. Dixième auteur à recevoir les honneurs de cette collection consacrée aux « grands textes de la littérature illustrés par les grands peintres », Ovide succède à Stendhal, Homère, Jacques de Voragine, Boccace, Dante, La Fontaine...

Ce monumental ouvrage, préfacé par le poète italien Roberto Mussapi, Carlo Falciani et Pierre Rosenberg, met en regard le texte – dans la traduction en prose de Georges Lafaye – et une large sélection des plus beaux tableaux baroques qu’il a pu inspirer.

Trois cent soixante-dix peintures italiennes, flamandes et françaises de la fin du XVIe au début du XVIIIe siècle ont été retenues.

Si le texte intemporel d’Ovide a nourri l’imaginaire d’artistes de toutes les époques par sa force évocatrice, son merveilleux et sa sensualité, le xviie siècle se révèle particulièrement riche. Le choix de la peinture baroque pour illustrer ce livre s’est donc rapidement imposé, tant son esprit semble s’approcher au plus près de celui d’Ovide. Par la puissance des compositions et l’éclat des couleurs, les œuvres répondent à l’élan poétique du texte, baroque par l’énergie de l’écriture, l’imbrication des histoires, la multiplication des angles de vue et le goût prononcé pour les effets.

Ovide, Les Métamorphoses, illustrées par la peinture baroque, Diane de Selliers, 2003, 632 p., 2 vol., 370 ill., 245 euros jusqu’au 31/01, puis 302 euros.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°553 du 1 décembre 2003, avec le titre suivant : Les Métamorphoses illustrées par la peinture baroque

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