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Pistoletto

Vu dans le rétroviseur...

L'Oeil - n° 595 - Octobre 2007

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Sérigraphiée sur un miroir, la silhouette verticale de l’artiste accueille le visiteur au premier étage. Point de départ d’une grammaire complexe, le reflet signe l’identité première du travail analytique de Pistoletto. La rétrospective que lui consacre le MAMAC à partir de sa collection personnelle fournit d’ailleurs une salle généreuse aux seuls Tableaux-Miroirs, pensés dès 1961, avant même que l’Arte Povera ne trouve ses marques théoriques et que Pistoletto n’en devienne l’un des représentants les plus célèbres.
Femme accroupie fesses nues, homme de dos caméra à l’épaule, ampoule en haut à droite, bouteille en bas à gauche, chaque tableau, conçu à l’échelle du corps, inscrit une image photographique découpée sur une plaque d’acier poli traité en miroir. L’image semble s’enfoncer dans l’espace d’exposition par son envers. Le fond réfléchissant absorbe l’espace d’exposition par fragments tandis que le visiteur ajoute une présence et définit par son reflet la notion même de miroir. Un tel surgissement de l’espace-temps hante l’ensemble du travail de Pistoletto et se prolonge dans les
salles voisines avec les multiplications ou divisions du miroir devenu lourd monument dans les années soixante-dix.
Mais plus encore que ces « rétrovisions », plus encore que les expériences performatives menées par la communauté d’échanges artistiques dont l’artiste fut à l’origine dès 1967 – et que la rétrospective documente abondamment –, l’exposition offre une belle occasion de redécouvrir des Objets en moins. Produits au milieu des années 1960, ils sont massés dans une seule salle, traduisant les objectifs de profanation de la notion de style voulus par l’artiste. À la manière d’une exposition collective encombrant un espace trop petit, la salle enclave une vingtaine d’objets, photographies, peintures, mobilier, lampes, sculptures incarnés par leur juxtaposition même. Parmi eux, un cube clos prolongé sur ses faces par une bande de miroirs et tapissés à l’intérieur de miroirs pour un mètre cube d’infini. Il se débusque là comme le discret paradigme de l’exposition.

Manou Farine

« Michelangelo Pistoletto », MAMAC, promenade des Arts, Nice (06), tél. 04 97 13 42 01, jusqu’au 4 novembre.

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