Aller directement au contenu
Logo accueil

Accueil > L'Oeil > Archives > Antonio Saura

Antonio Saura

La passion du papier

L'Oeil - n° 595 - Octobre 2007

Pour agrandir ou diminuer le texte, utilisez la molette de votre souris + appuyer sur la touche Ctrl de votre clavier Envoyer à un ami Imprimer Twitter Google Plus Partagez sur facebook

On ne dira jamais assez quel grand d’Espagne fut le peintre Antonio Saura (1930-1998). L’œuvre considérable qu’il a laissée compte parmi les plus importantes de la seconde moitié du xxe siècle. Sa force réside pour l’essentiel dans l’usage quasi exclusif du noir et blanc et la mise en jeu d’une iconographie qui n’a eu de cesse de proclamer une forme de liberté existentielle gagnée contre le franquisme. Les thèmes récurrents qui la marquent sont les dames, les curés, les têtes et les figures de chien, celles-ci empruntées à Goya, considéré par l’artiste comme le maître absolu.
En peintre complet, à l’égal de ses aînés et compatriotes Picasso et Miró, Saura – pour qui le papier était un idéal terrain de recherche et une vraie passion – a laissé une œuvre dessinée et imprimée de tout premier ordre. L’exposition que propose Catherine Putman, montée en collaboration avec la succession de l’artiste, rassemble un choix de 1956 à 1996 tout à fait représentatif de la diversité tant des sujets traités que des techniques employées. Non seulement Saura explora les ressources plastiques de la gravure, de la lithographie et de la sérigraphie, mais il multiplia l’usage des supports papiers et les techniques du collage, des superpositions, des pliures et des textures.
Antonio Saura n’a pas son pareil pour faire surgir une figure du bout de sa plume ou de son crayon dans une sorte de fièvre graphique que viennent contre­dire soudainement quelques larges coups de brosse tout aussi virulents. Il y va de jeux de lignes, d’entrelacs et de recouvrements matiéristes qui incarnent son sujet dans un contrepoint entre sa masse plastique et le fond blanc sur lequel l’artiste le révèle.
S’il lui arrive de charger ses images d’une débauche chromatique inattendue, l’écriture automatique se conjugue toujours chez lui avec un travail maîtrisé du geste, confé­rant à ses figures quelque chose d’une rare autorité. La force d’impact des images ainsi créées est telle qu’elle s’imprime de manière définitive au plus profond de notre mémoire.

Philippe Piguet

« Antonio Saura, œuvres sur papier (1956-1996) », galerie Catherine Putman, 40, rue Quincampoix, Paris IVe, tél. 01 45 55 23 06, jusqu’au 10 novembre.

L'oeil : abonnez-vousAbonnez-vous au Journal des Arts
Toutes les Unes de L'oeil :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998

Toutes les Unes du Journal des Arts :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998 -  1997 -  1996 -  1995 -  1994
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives du Journal des Arts (depuis 1994),
de L’œil (depuis 1998) et du JournaldesArts.fr (depuis 2008)
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
RECHERCHER UN ARTICLE
Mot-clef :
RECHERCHER UNE EXPOSITION
Mot-clef :
Ville :
SONDAGE

Etes-vous favorable à ce que des salles de musées portent le nom de donateurs de manière permanente ?

Oui
Non
Sans opinion

Paris by Night
Annuaire du monde de l'art
Palmares des musees 2016
Artindex France