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La Fiac devra retourner à la porte de Versailles

L'Oeil - n° 595 - Octobre 2007

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À quoi reconnaît-on une « bonne » foire ? Comme toujours, la réponse dépend des attentes de celui à qui on pose la question. La jet-set des collectionneurs internationaux et les journalistes spécialisés mesurent avant tout le nombre de pièces fraîches produites pour l’occasion par le top 20 des artistes contemporains. Et donc corrélativement la présence des grandes galeries étrangères qui soutiennent les stars du marché. De ce point de vue, la Fiac est distancée par les deux éditions d’Art Basel, voire même par Frieze, la petite nouvelle londonienne.
Les collectionneurs occasionnels, au pouvoir d’achat à cinq chiffres, privilégient une offre large, plutôt française ou européenne, et un accueil personnalisé. Le grand public, enfin, vient à la foire comme on va au musée, pour voir des œuvres, prendre le pouls de la création et se divertir. Il est d’autant plus ravi d’y aller que l’événement est fortement médiatisé. La Fiac répond parfaitement aux demandes de ces deux catégories de visiteurs. Avec près de 90 000 visiteurs (en moins de cinq jours), contre 60 000 pour Art Basel, elle n’a pas à rougir de son audience et se classe parmi les toutes premières manifestations culturelles.

Il est admis que le retour de la Fiac l’an dernier au Grand Palais a créé une dynamique positive. Reste que cet élan relève plus du ressenti que de la réalité. En choisissant un lieu certes prestigieux mais étroit, la Fiac est obligée de réduire le nombre d’exposants (180 contre 300 pour Bâle) et de se couper en deux. Ce malthusianisme entraîne l’exclusion de nombreuses galeries françaises qui organisent à leur tour des salons parallèles.
Certes le « off » valorise d’une certaine façon le « in ». Mais au moment où la scène française se réveille, il est essentiel de frapper fort ; seul un lieu unique et vaste peut faire monter d’un cran l’ampleur de l’événement. Le retour à la porte de Versailles s’impose donc. Ses accès ont été rénovés, elle est à dix minutes du centre de Paris. Et puis une fois dans la foire, grande verrière ou pas, seules comptent les œuvres.

Jean-Christophe Castelain

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