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Documenta 12

Une édition bien peu séductrice

L'Oeil - n° 594 - Septembre 2007

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On a beau être prévenu : « Kassel n’est ni prestigieuse ni festive », on débarque dans cette ville du fin fond de l’Allemagne avec une certaine excitation. Pensez, une exposition quinquennale qui entend dresser un état de l’art d’aujourd’hui, ce n’est pas rien. Mais est-ce l’ambiance de cette ville provinciale ? L’organisation toute germanique ? L’accumulation des malheurs de notre pauvre planète dénoncés par les artistes ? On repart de la Documenta avec une humeur morose. Comme la ville qui l’accueille, cette douzième édition est sans charme, mais non sans attraits.

Un parcours confortable, mais sans mise en scène
Kassel n’a pas échappé aux bombardements de la dernière guerre. L’urbanisme et l’architecture s’en ressentent. Si ce n’est l’Orangerie, peu de bâtiments historiques, partout des constructions sans âme. Pourtant, les trouées sur la campagne environnante et quelques quartiers pittoresques produisent une quiétude désuète mais reposante.
L’exposition se déploie sur quatre bâtiments principaux regroupés au même endroit ainsi que dans le château de Wilhemshöhe à quelques minutes en tramway. L’un des sites est une construction provisoire sous forme de serres autour de cours intérieures. Les architectes français avaient d’ailleurs refusé de « signer » leur réalisation, reprochant aux organisateurs d’avoir posé des parois extérieures et installé la climatisation. Des mesures de bon sens pour qui a passé cinq minutes dans un bâtiment alternativement battu par les averses et le soleil. L’accent est donc mis sur le confort de la visite. Ainsi les vidéos sont projetées dans des salles adaptées.
Après, au visiteur de se débrouiller. Les deux commissaires ont ignoré toute mise en scène afin de décontextualiser les œuvres. Celles-ci doivent s’exprimer par elles-mêmes. Déboussolé ou sans parti pris (c’est selon), le regardeur est invité à comparer formes et signes d’œuvres souvent proches les unes des autres, mais parfois d’époques différentes. Le procédé, à la mode dans les centres d’art, ne manque pas de bon sens, sauf quand la plastique fait défaut. Et c’est justement là où le bât blesse, du point de vue du grand public s’entend : quand les formes sont pauvres et les messages abscons ou, à l’inverse, trop documentaires, on se lasse. La séduction, toujours la séduction.

Jean-Christophe Castelain

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