Aller directement au contenu
Logo accueil

Accueil > L'Oeil > Archives > L’impertinence retrouvée des trublions du Pop Art

L’impertinence retrouvée des trublions du Pop Art

L'Oeil - n° 594 - Septembre 2007

Pour agrandir ou diminuer le texte, utilisez la molette de votre souris + appuyer sur la touche Ctrl de votre clavier Envoyer à un ami Imprimer Twitter Google Plus Partagez sur facebook

Tête d’affiche de l’exposition du musée Frieder Burda de Baden-Baden, Andy Warhol ne décevra pas ses fans. Quelques « incunables » du Pop Art se trouvent, en effet, réunis dans cette présentation de la célèbre collection Erich Marx, habituellement à Berlin. Parmi les « icônes » de la star et de ses acolytes, disciples ou suiveurs, citons (parmi quarante-cinq peintures de grand format et quarante dessins de l’artiste) : la Multicolored Marilyn (1979-1986), le Double Elvis (1963), les Ten-Foot Flowers (1967), le célèbre portrait acidulé de Mao (1973) ou encore, la non moins fameuse Big Electric Chair (1967).
Affadies, dénaturées à force d’avoir été placardées ou reproduites sur les cimaises et les tee-shirts du monde entier, ces images cultes retrouvent ici toute la vigueur et l’insolence de leurs dérapages chromatiques contrôlés. Déclinée en rose sur fond mauve, en jaune sur fond bleu, en rose sur fond jaune et en brun sur fond bleu, la vache (Cow, Wallpaper, 1966-1976) renvoie l’image pop de l’absurdité de notre triste condition d’animaux travestis en hommes sophistiqués. Surgissant du noir, le visage sérigraphié éclaboussé de rose et de jaune phosphorescents de Marilyn nous donne
à voir le masque fantomatique et déliquescent d’une lugubre poupée.
La proximité des œuvres macabres et de celles, en apparence, plus légères composées par Warhol permet de prendre toute la mesure de la recherche accomplie, tant sur le plan des techniques graphiques que sur le plan thématique, par l’artiste qui fut, et est encore, pourtant sans cesse taxé de superficialité. Décoloration, recoloration, hybridation, démultiplication, superposition… Véritables palimpsestes du réel, les images retravaillées du pape du Pop Art, transformant la violence et la banalité du quotidien en allégories clinquantes, ne pouvaient qu’entrer en résonance avec les Combine Painting de Robert Rauschenberg et les Peintures Imparfaites de Roy Lichtenstein, avec les « dispersions de couleurs » et les peintures de bitume de Cy Twombly ainsi que les tableaux matières d’Anselm Kiefer. Autant d’œuvres procédant du même recyclage des déchets de la société de consommation et de la « société du spectacle », mais aussi de l’ère atomique. C’est ce qu’a très tôt compris Erich Marx. Un grand collectionneur donc.

Dulout Stéphanie

« Warhol, Rauschenberg, Lichtenstein, Twombly, Kiefer. La collection Erich Marx à Baden-Baden », Museum Frieder Burda, Lichtentaler allee 8 b, Baden-Baden (Allemagne), tél. 00 49 7221 39 89 80, jusqu’au 7 octobre.

L'oeil : abonnez-vousAbonnez-vous au Journal des Arts
Toutes les Unes de L'oeil :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998

Toutes les Unes du Journal des Arts :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998 -  1997 -  1996 -  1995 -  1994
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives du Journal des Arts (depuis 1994),
de L’œil (depuis 1998) et du JournaldesArts.fr (depuis 2008)
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
RECHERCHER UN ARTICLE
Mot-clef :
RECHERCHER UNE EXPOSITION
Mot-clef :
Ville :
SONDAGE

Etes-vous favorable à ce que des salles de musées portent le nom de donateurs de manière permanente ?

Oui
Non
Sans opinion

Paris by Night
Annuaire du monde de l'art
Palmares des musees 2016
Artindex France