Aller directement au contenu
Logo accueil

Accueil > L'Oeil > Archives > Arts premiers

Arts premiers

Entre fascination et clichés !

L'Oeil - n° 594 - Septembre 2007

Pour agrandir ou diminuer le texte, utilisez la molette de votre souris + appuyer sur la touche Ctrl de votre clavier Envoyer à un ami Imprimer Twitter Google Plus Partagez sur facebook

Un an après l’ouverture du musée du Quai Branly, l’engouement suscité pour les arts « premiers » se confirme. L’abbaye de Daoulas interroge la notion de « primitifs » avec plus ou moins de bonheur.

«Primitifs ? » Le titre de la nouvelle exposition de l’abbaye de Daoulas est une invitation en forme de point d’interrogation. Comme si ces notions fluctuantes d’arts « sauvages », « lointains », « ethniques », « tribaux », « primitifs », « premiers » étaient encore loin d’avoir fait l’unanimité aux yeux des ethnologues, historiens de l’art, critiques, collectionneurs et marchands…

Trop d’approximations
Confrontant quelque trois cents œuvres, l’exposition conçue par Jean-René Bourrel et Jean-Gérard Bosio (qui fut pendant plusieurs années le conseiller culturel de l’écrivain et président du Sénégal Léopold Sédar Senghor) brosse avec plus ou moins de bonheur une sorte de tableau idéal des langages esthétiques et spirituels propres aux civilisations d’Afrique, d’Océanie et des Amériques, en regard de quelques témoignages nés sur notre sol européen. Si cet exercice ambitieux mais délicat s’autorise de stimulantes confrontations (comme ce bel ensemble de crânes surmodelés du Vanuatu aux côtés d’un crâne de momie égyptienne), la démonstration n’évite pas, hélas, quelques clichés réducteurs.
Ainsi, pourquoi nimber encore dans un halo atemporel des civilisations et des objets que parfois plusieurs siècles séparent ? Nulle date ne figure ainsi aux côtés de cette statue Nok en terre cuite provenant du Nigeria dont on imagine pourtant qu’elle provient d’une fouille archéologique effectuée dans le pays : le cartel ne mentionne que le pedigree du collectionneur, ou tout du moins ses initiales. De même, pourquoi qualifier de « paysans » sans distinction aucune tous ces peuples regroupés sous la bannière commode de « primitifs » ? N’est-ce pas oublier un peu trop vite ces autres civilisations dont le mode de vie s’apparente d’avantage à l’errance et au nomadisme ?
Ne boudons pas cependant notre plaisir. En dépit d’une curieuse muséographie (projection de films sans aucun rapport avec les objets exposés, dernière salle affligeante consacrée aux « œuvres de beauté »), et malgré la grande inégalité des objets (certaines pièces auraient mieux fait de ne pas quitter la quiétude de leur salon !), l’exposition provoque de vrais chocs visuels comme cet uli de Nouvelle-Irlande offert par la fille d’André Breton à la bibliothèque Jacques Doucet. Saisissant…

Bérénice Geoffroy-Schneiter

L'oeil : abonnez-vousAbonnez-vous au Journal des Arts
Toutes les Unes de L'oeil :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998

Toutes les Unes du Journal des Arts :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998 -  1997 -  1996 -  1995 -  1994
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives du Journal des Arts (depuis 1994),
de L’œil (depuis 1998) et du JournaldesArts.fr (depuis 2008)
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
RECHERCHER UN ARTICLE
Mot-clef :
RECHERCHER UNE EXPOSITION
Mot-clef :
Ville :
SONDAGE

Etes-vous favorable à ce que des salles de musées portent le nom de donateurs de manière permanente ?

Oui
Non
Sans opinion

Paris by Night
Annuaire du monde de l'art
Palmares des musees 2016
Artindex France