Art ancien

Chantilly

La crème de l’Orient à Chantilly

Domaine de Chantilly, Jeu de paume - Jusqu’au 7 janvier 2013

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 8 novembre 2012 - 343 mots

CHANTILLY

Jusqu’au 7 janvier, l’hiver s’arrête aux portes de Chantilly. Un mirage ? Une réalité depuis que Delacroix et les artistes pionniers de l’orientalisme ont investi le Jeu de paume du domaine, nouvel oasis planté dans le parc du château et restauré pour l’occasion.

Une centaine de tableaux et dessins illustre les débuts du mouvement pictural, de la campagne d’Égypte de 1804 à l’Exposition universelle de 1855. Une parenthèse féconde, qui fut également celle de la jeunesse du duc d’Aumale, en partie passée en Algérie dont il fut le gouverneur général jusqu’à la révolution de 1848. Revenu ensuite à la vie civile, il collectionna, avec nostalgie, les œuvres contemporaines de son séjour en Afrique du Nord, dont certaines illustrent ses hauts faits politiques et militaires. 

L’exposition dresse le bilan d’un demi-siècle d’orientalisme divisant la genèse du courant en quatre phases chronologiques. La première, dédiée à la campagne d’Égypte de Bonaparte (1798), rappelle que l’expédition militaire était aussi scientifique. L’esquisse de Léon Cogniet, prêtée par le Louvre, regroupe savants et artistes autour de la tente de l’Empereur dressée dans le désert égyptien du sable duquel on extrait un sarcophage. La deuxième phase est consacrée à « l’Orient rêvé » par les peintres romantiques. Le Portrait présumé du chanteur Paul Barroilhet en costume turc peint par Delacroix, avant même qu’il ne se rende en Afrique du Nord, traduit un thème en vogue depuis la guerre d’Indépendance grecque. Le troisième volet est voué aux peintres voyageurs, qui, à l’instar d’Alexandre Gabriel Decamps ou de Prosper Marilhat, ont sillonné la Turquie, l’Égypte ou la Syrie en quête de nouveaux paysages et de scènes pittoresques.

Le quatrième et dernier chapitre se clôt avec l’orientalisme militaire, illustré notamment par une copie en réduction de la Prise de la smala d’Abd el-Kader le 16 mai 1843 d’après Horace Vernet. L’acteur principal du « plus grand tableau du monde », n’est autre que le duc d’Aumale, héros et mécène de l’orientalisme des origines...

Voir « Delacroix et l’aube de l’orientalisme »

Jeu de paume du domaine de Chantilly, château de Chantilly, www.domainedechantilly.com

Voir la fiche de l'exposition : Delacroix et l’aube de l’Orientalisme

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°652 du 1 décembre 2012, avec le titre suivant : La crème de l’Orient à Chantilly

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