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Accueil > L'Oeil > Archives > Des bêtes d'expositions - L'Oeil - n° 647 - Juin 2012

Lemoine Colin, Manca Isabelle - 688 mots - L'Oeil n° 647 - Juin 2012

Des bêtes d'expositions

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Au Grand Palais et au Musée des années 30, deux expositions d’envergure célèbrent simultanément la figure de l’animal dans l’art, histoire d’en démontrer l’immense variété comme la singulière permanence, la bestialité comme l’humanité.

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Au Musée de la chasse et de la nature, à Paris, les animaux ont leur royaume.

De nombreux musées présentent des œuvres traitant de l’animal, mais rares sont ceux qui portent un regard aussi singulier sur la bestialité que le Musée de la chasse et de la nature. Héritier des cabinets de curiosité il fonctionne comme un « cabinet naturaliste », une sorte d’encyclopédie regroupant des informations servant à l’observation et à la traque des animaux sauvages, comme les empreintes et les excréments. Le musée expose ainsi l’animal sous plusieurs facettes : naturalisé, sous la forme d’œuvre d’art et par le biais d’éléments d’interprétation que le visiteur doit dénicher dans la scénographie. Ses collections, s’échelonnant du Moyen Âge à nos jours, témoignent de l’évolution de la perception de la faune et de la place de l’animal dans la civilisation occidentale. Le musée met ainsi en exergue la diversité des représentations de l’animal ; tour à tour magnifié, traqué ou mis à mort, comme dans la pièce de Desportes qui porte un titre très explicite quant à la finalité de la chasse : Venaison prête à mettre en broche. Vanité ultime du chasseur, l’animal peut aussi être exhibé au sein d’une collection de trophées. Une galerie dans laquelle s’est glissé un intrus, une œuvre contemporaine de Nicolas Darrot représentant une tête de sanglier dont les yeux suivent le visiteur, provocant une sensation de surprise sinon de malaise.

 
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