Art déco

La quintessence des arts décoratifs

Par Morgan Houriez · L'ŒIL

Le 2 août 2007 - 448 mots

PARIS

L’inédit était son obsession, le réalisme son inspiration. Lalique a ressourcé les arts décoratifs français en renouvelant ses formes et ses matériaux.”ˆSon audace lui apporta très tôt le succès.

D’abord concepteur de joaillerie pour les plus grandes maisons parisiennes au tournant du XXe siècle, René Lalique (1860-1945) se distingua très tôt de ses contemporains par l’originalité de ses formes. Visiteur régulier du Jardin des plantes, il puise dans l’observation de la nature les ondulations végétales et imite dans ses créations les formes animales. Le paon et le scarabée sont deux éléments majeurs du « bestiaire Lalique ». Sous son pinceau de dessinateur, faune et flore lui inspirent des formes féminines. Ces métamorphoses de la femme, ces Daphnées suggérées, demeureront son inspiration majeure tout au long de sa carrière.

Le verre, un nouveau matériau
Aux courbes féminines, Lalique associe des matériaux nouveaux. Aux ostentatoires or, argent et parfois bronze, Lalique préfère l’émail, la corne, le cuir, la pierre de lune, l’opale, la nacre et, bien sûr, le verre. Maître verrier, il offre à ce matériau peu usité en joaillerie ses lettres de noblesse en se jouant de sa transparence et de sa lumière. Opaque, teinté, gravé, ciselé ou brut, le verre devient rapidement la marque de reconnaissance de Lalique. Le bijou jusqu’alors stylisé devient figuratif, fortement influencé par l’avènement du symbolisme, dont Lalique fréquente les représentants.

En 1900, l’aristocratie européenne se précipite à l’Exposition universelle pour y admirer les dernières créations de l’orfèvre. Derrière une grille de bronze ornée de femmes libellules et couvert d’une envolée de chauve-souris stylisées, le pavillon conçu par Lalique offre aux visiteurs une abondance de pierres précieuses délicatement serties, de bijoux inédits, de nacre et de gemmes colorés. Quatre années plus tard et fort d’un talent reconnu de tous, Lalique s’associe à François Coty, parfumeur et voisin de la place Vendôme, où Lalique a installé son atelier, pour concevoir une série de flacons de parfums. Le contenant doit être à l’image du contenu, raffiné, luxueux, vaporeux…

Le verre offre une production sérielle ainsi accessible au plus grand nombre. Si, dans les premières années de la collaboration, seuls les bouchons sont travaillés, les modelés s’appliquent peu à peu à tout le flacon, faisant du packaging une œuvre à part entière.
Roger & Gallet, Worth, Molinard ne tardent pas à solliciter Lalique, poussant ce dernier à toujours renouveler son répertoire Art déco.

Autour de l’exposition

Informations pratiques « René Lalique, créateur d’exception (1890-1912) » du 7 mars au 29 juillet 2007. Commissaires : Yvonne Brunhammer et Dany Sautot. Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, Paris VIe. Métro : Saint-Sulpice ou Odéon. Tarifs : 10 € et 8 €. Tél. 01 45 44 12 90, www.museeduluxembourg.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°589 du 1 mars 2007, avec le titre suivant : La quintessence des arts décoratifs

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