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Présidentielle, provoquer le débat pour 2012

L'Oeil - n° 590 - Avril 2007

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Comment expliquer que la culture et plus encore les arts plastiques ne soient pas entrés dans le débat électoral en cours ? La réponse la plus naturelle tient à l’échelle des priorités des électeurs, et donc des candidats, qui coïncide avec la pyramide des besoins psychologiques de Maslow. L’intérêt pour l’art, qui relève de l’accomplissement personnel, ne s’éveille qu’une fois satisfaits les besoins des étages inférieurs : santé, logement, emploi, retraite, éducation. On l’a bien vu dans les multiples émissions politiques mettant en face des candidats des « vrais gens » : pas une seule question sur la culture.
Le relatif consensus entre les grandes formations politiques est un deuxième élément de réponse. Tout le monde ou presque s’accorde pour maintenir l’engagement de l’État, favoriser l’éducation artistique à l’école, et surtout démocratiser la culture. Et même les sujets plus idéologiques ne font pas débat. On s’attendait à ce que le Louvre Abou Dhabi, pourtant un pas important de plus vers la marchandisation de la culture et le financement privé, suscite des réactions au PS. Même pas.
Et puis si les Français ne se passionnent pas pour la politique culturelle, c’est aussi parce qu’ils ont le sentiment que la France dispose d’un patrimoine parmi les plus riches au monde. Un patrimoine que l’État et les collectivités locales entretiennent et le font savoir.
Pourtant, c’est ici que se situe un enjeu important. Le patrimoine de demain c’est la création d’aujourd’hui, la création sous toutes ses formes : architecture, design, arts plastiques, nouveaux médias. Mais les hommes politiques sont comme la plupart de nos concitoyens, la création contemporaine leur échappe. Tout comme l’impressionnisme heurtait la France de la fin du xixe siècle. Il existe pourtant de nombreux dispositifs (Frac, centres d’art, écoles des beaux-arts, foires) favorisant la création. Mais ces structures manquent encore de lisibilité pour le grand public et d’indicateurs pertinents pour mesurer leurs résultats. À elles de mieux organiser leur lobbying et de provoquer le débat en 2012. |

Jean-Christophe Castelain

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