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Henri Matisse

Variations sur une grenade

L'Oeil - n° 593 - Juillet - août 2007

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« L’objet est un acteur : un bon acteur peut jouer dans dix pièces différentes, un objet peut jouer dans dix tableaux différents un rôle différent », confiait Matisse à Maria Luz en 1952. À l’occasion de sa réouverture, le musée Matisse de Nice montre les rôles divers joués par un même acteur, la grenade, dans l’œuvre du peintre à partir d’un chef-d’œuvre du musée : Nature morte aux grenades, peint à Vence en 1947. Le musée a obtenu le prêt d’une autre toile peinte la même année, dans le même atelier : Intérieur rouge, nature morte sur table bleue, venu de la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf.
Les deux tableaux représentent les mêmes objets, le même décor : la fenêtre ouverte sur le jardin, le palmier, la table, le médaillon, les grenades. Mais alors que le tableau niçois exprime un sentiment de calme, l’Intérieur rouge, traversé d’arabesques qui prolongent les motifs végétaux du paysage, est beaucoup plus mouvementé.
À partir de la rencontre de ces grandes toiles, l’exposition analyse, à travers photographies et œuvres graphiques, ces thèmes de prédilection de Matisse à la fin de sa vie que sont la grenade et l’atelier. La grenade est à Matisse ce que la pomme est à Cézanne : le lieu où se concentre la lumière et où s’abolit la perspective linéaire traditionnelle. Alors que l’artiste exprime à la fin de sa vie un sentiment de plus en plus religieux de l’existence, la grenade se double dans son œuvre de sa symbolique chrétienne d’abondance et de perfection de la nature. Mais elle est aussi cette petite tache de couleur rouge qui permet l’harmonie subtile des rapports entre les choses et, pour reprendre la métaphore musicale chère à Matisse, le timbre juste qui permet d’écrire la partition.
Les grenades appartiennent aux variations picturales de l’artiste autour du thème de l’atelier. Avec ses cadres et fenêtres, l’atelier de Vence, dans la villa Le Rêve, a été le lieu du passage ambigu et ténu entre l’extérieur et l’intérieur, entre le monde pictural de l’artiste et la nature, l’espace de réconciliation de l’art et de la vie.

Leïla Jarbouai

« L’espace d’un atelier », musée Matisse, avenue des Arènes-de-Cimiez, Nice (06), tél. 04 93 81 08 08, du 7 juillet au 28 sept.

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