Aller directement au contenu
Logo accueil

Accueil > L'Oeil > Archives > Gaultier-Chopinot

Gaultier-Chopinot

Défilé chorégraphique

L'Oeil - n° 593 - Juillet - août 2007

Pour agrandir ou diminuer le texte, utilisez la molette de votre souris + appuyer sur la touche Ctrl de votre clavier Envoyer à un ami Imprimer Twitter Google Plus Partagez sur facebook

Mode et danse, tel aurait pu être le titre de l’exposition que le musée des Arts décoratifs consacre à la complicité artistique de la chorégraphe Régine Chopinot et du styliste Jean-Paul Gaultier. Finalement, ce sera « le défilé », clin d’œil au spectacle éponyme qui porta au faîte le talent confondu des deux artistes.
Fruit d’une collaboration de près de dix ans, l’exposition offre un panel des costumes créés spécialement pour les danseurs de la dame Chopinot. Évidemment excentriques, résolument décalés et délicieusement ambigus, les trois cent cinquante vêtements et accessoires enchantent par leur singulière insolence. La confusion des genres est la pierre angulaire de cette complicité artistique entre deux créateurs épris d’émancipation à l’égard de leurs milieux créatifs respectifs.
Tous deux ne pouvaient que se retrouver pour créer, ensemble, un art désacralisé. Le répertoire stylistique confine au cocasse, à la moquerie des codes vestimentaires prônés par la haute couture et fait fi du rigide apanage des costumes de danse. « J’aime le mauvais goût, les choses ratées, au bord du déséquilibre, avait confié la styliste, à Jean-Paul Gaultier les croquis, à moi les caricatures. » Tout semble dit. Le textile vient servir l’éloquence du geste, le costume, souvent malmené, vient asseoir les effets scéniques.
À l’immuable tutu se substitue un jupon de galettes de tulle, à l’académique, des corsets lacés chers au styliste, exacerbant les anatomies. La féminité exulte en justaucorps couleur peau feignant la scarification des chairs ou en soutien-gorge obus. Côté mâle, le tutu fait plus que jamais sensation, plissé et déstructuré, à contre-emploi de son origine, la jupe pour homme apparaît telle une évidence de l’élégance virile.
Prenant également le contre-pied du chausson de danse, la pointe se fait cuissarde lacée, espadrille ou tongue de plastique. Costumes puzzles, robes coussins, chapeaux excentriques et peignoirs réinventés sont autant d’éléments éphémères contribuant à la théâtralité du spectacle, et donc de l’exposition.

Houriez Morgan

« Le Défilé », musée des Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, Paris Ier, tél. 01 44 55 57 50, jusqu’au 23 septembre.

L'oeil : abonnez-vousAbonnez-vous au Journal des Arts
Toutes les Unes de L'oeil :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998

Toutes les Unes du Journal des Arts :

2016 -  2015 -  2014 -  2013 -  2012 -  2011 -  2010 -  2009 -  2008 -  2007 -  2006 -  2005 -  2004 -  2003 -  2002 -  2001 -  2000 -  1999 -  1998 -  1997 -  1996 -  1995 -  1994
MOTEUR DE RECHERCHE
Retrouvez les archives du Journal des Arts (depuis 1994),
de L’œil (depuis 1998) et du JournaldesArts.fr (depuis 2008)
Revue :
Mots dans le titre :
Mots dans l'article :
Auteur :
Date de parution du :
au :
RECHERCHER UN ARTICLE
Mot-clef :
RECHERCHER UNE EXPOSITION
Mot-clef :
Ville :
SONDAGE

Etes-vous favorable à ce que des salles de musées portent le nom de donateurs de manière permanente ?

Oui
Non
Sans opinion

Paris by Night
Annuaire du monde de l'art
Palmares des musees 2016
Artindex France