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Palmarès des musées 2007

L'Oeil - n° 593 - Juillet - août 2007

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En 2007, si vous n’aimez ni la plage, ni la campagne et que vous souhaitez partir à la découverte des trésors des musées, ça tombe bien. À quelques exceptions près, le circuit des grands crus classés, entendez le Top 30 du Palmarès des musées L’œil/Le Journal des Arts, passe par les grandes villes de l’intérieur. Un circuit qui démarre par Paris et l’île-de-France, qui trustent les places d’honneur. On s’y attendait un peu. Une fois épuisés les charmes de la capitale, vous prendrez la route du Nord où, de Roubaix à Caen, se dessine un véritable arc muséal de qualité. Puis cap à 180°, avec une première étape en Rhône-Alpes avant de finir vos vacances dans le grand Sud qui offre toujours de jolies découvertes. C’est parti…

Avec 11 lieux dans le Top 30, Paris reste la ville des musées
Si Paris n’est pas une ville musée, comme l’est Venise, elle est indiscutablement la capitale des musées. Sur la trentaine d’établissements parisiens classés cette année, on n’en compte pas moins de onze dans le Top 30 et 13 de plus en ajoutant Versailles et Fontainebleau. La démesure des sites (que l’on pense au Louvre) et l’importance des collections drainent 62 % du total annuel des visiteurs. Il est vrai que les musées parisiens bénéficient pleinement de la manne touristique qui représente 61 % de leur public. Un public pas nécessairement toujours amateur d’art.

La hiérarchie des 3 majors ne bouge pas par rapport à l’an dernier : premier le Louvre, deuxième Orsay, troisième Beaubourg. Tous trois affichent une progression exceptionnelle de leurs visiteurs, entre 9 % et 12 % alors que la moyenne nationale n’est que de 1 %. Un succès à mettre à l’actif d’une politique dynamique d’événements et de communication. Cet été, ne ratez pas les expositions « La Main » et Ambroise Vollard à Orsay (lire p. 36) ainsi que la rétrospective Annette Messager à Beaubourg (p.32).

Le musée des Arts asiatiques-Guimet, et les Art décoratifs se rapprochent progressivement du podium. Les Arts déco, qui ont enfin achevé leur rénovation, ont ainsi gagné 10 places. Une programmation très axée sur la mode et le design ont permis une croissance record de 15 % du nombre de visiteurs. L’exposition Gaultier-Chopinot (page 33) devrait consolider cette affluence.
Mais si les 3 majors ont peu de probabilités d’être détrônés par leurs deux poursuivants immédiats, ils doivent attentivement surveiller le petit dernier qui grandit très vite : le Quai Branly. Alors qu’il n’est ouvert que depuis juin 2006, le musée des Arts premiers prend la douzième place dès son entrée dans le classement. Avec un public qui atteint déjà le million et demi de visiteurs, une programmation à donner le vertige et tout le confort que permet un nouveau lieu, le quai Branly risque bien de bousculer la hiérarchie l’an prochain.

À en juger par les programmes de rénovation en cours ou terminés, l’Île-de-France n’est pas près de céder son rang de capitale culturelle. Après le Petit Palais (37e) en décembre 2005, l’année 2006 a vu la réouverture en novembre du musée de la Légion d’honneur (pas encore classé) puis, en février 2007, du musée de la Chasse et de la Nature.

Du Nord à la Normandie : un véritable arc muséal
On le savait déjà depuis les premières enquêtes, le nord de la France entretient un maillage très riche et dense de lieux d’art. En ajoutant la Normandie, cet arc muséal compte 5 musées dans le Top 30 et 7 dans le Top 80. Un héritage qui vient de loin et que les élus ont su faire fructifier comme en témoignent « Lille 2004 » puis « Lille 3000 » (en 2006). Ces manifestations, par leur effet d’entraînement sur les conservateurs et le public, ont dynamisé l’agglomération lilloise tout en projetant une image positive.

Le palais des Beaux-Arts de Lille en est le premier bénéficiaire. Il gagne 5 places et occupe la première place des musées en région. Le « Petit Louvre » comme les Lillois se plaisent à le l’appeler n’usurpe pas son surnom. Les collections généralistes se déploient confortablement sur près de 7000 m2.Un indicateur dit bien l’attrait du musée : 90 % des 200 000 visiteurs ont payé leur ticket d’entrée, alors que la moyenne nationale est de 60 %. Il faut se dépêcher d’aller voir l’exposition « Philippe de Champaigne » (L’œil n°591) avant qu’elle ne se termine en juillet. Le palais des Beaux-Arts se paie même le luxe de dépasser le chouchou du Palmarès : la Piscine de Roubaix, qui perd 5 places mais conserve une plus qu’honorable 10e place. La Piscine n’est pas simplement un musée, c’est aussi la fierté de toute une ville qui tente de sortir d’une situation économique et sociale difficile. En contrepoint des collections xixe, la programmation estivale met à l’honneur le designer Art déco Leleu (lire p.70).

Dunkerque est une autre ville qui renaît lentement. Le LAAC, son musée d’Art contemporain, occupe pour sa première participation au Palmarès une méritoire 38e place. L’exposition sur les artistes allemands (p.70) vaut le détour. Avant de rejoindre Rouen, vous passerez par Amiens, qui sort également d’une longue période de glaciation culturelle et économique. Le musée de Picardie est typique de ces musées construits au XIXe, à l’architecture quelque peu grandiloquente et froide et en définitive peu adaptée à la muséographie actuelle. Il n’accueille que 11 % de touristes, ce qui n’est pas à la mesure de l’intérêt de ses collections.

Le musée des Beaux-Arts de Rouen est le deuxième musée en région par sa taille : près de 8 000 m2 de surface d’exposition qui présentent en permanence plus de 770 peintures. Il affiche une remarquable augmentation de ses visiteurs, 15 %, nourrie par un important programme d’expositions temporaires qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus. Et si vous séjournez dans la région, ne manquez pas le musée Malraux du Havre (54e), reconstruit en 1961, rénové en 1999 et qui présente une très belle collection impressionniste.

L’un et l’autre sont payants, ce qui n’est pas le cas du musée des Beaux-Arts de Caen, nouvel admis dans le classement et qui occupe d’entrée la 18e place. Avec 1 000 adhérents, il se classe même à la 9e place par le nombre de ses Amis, un signal fort de l’attractivité du musée au niveau local.
Comme rien n’est plus agréable que l’imprévu, surtout en vacances, pour rejoindre la capitale des Gaules, vous pourrez musarder le long de la Loire qui, outre ses traditionnels châteaux, offre quatre musées dignes d’intérêt : Orléans (7e), Angers (20e) où se tient une rétrospective Olivier Debré (p.69), et enfin le musée Dobrée (22e) et le musée des Beaux-Arts (26e) à Nantes. En chemin vous croiserez le musée de Clermont-Ferrand, nouveau venu dans le classement à la 25e place. À moins que vous ne préfériez une grande transversale qui passerait par le musée d’Art moderne de Strasbourg (15e), puis le musée de Dijon (29e).

Lyon et sa région : l’autre capitale culturelle
La région Rhône-Alpes recèle au moins 3 grands sites finalement assez proches par l’autoroute. Le musée des Beaux-Arts de Lyon est le premier des grands musées généralistes en région. L’an dernier, 250 000 visiteurs ont parcouru les 15 000 m2 d’exposition, attirés notamment par une programmation exceptionnelle (Géricault) et des redécouvertes (Jacques Stella). L’exposition sur l’école lyonnaise du xixe (L’œil n°591) se tient jusqu’au 30 juillet. Le musée a gagné 6 places.
Annecy est en général plus renommé pour son lac et ses montagnes que pour ses musées. Le Château-musée tente lentement de corriger cette image et fait un bond inattendu à la 21e place. Le fonds d’art ancien n’est pas exceptionnel, aussi le conservateur tente-t-il des percées vers l’art contemporain, au risque de désorienter parfois les 70 % de visiteurs touristes. En revanche, le fonds du musée de Grenoble (22e) est lui beaucoup plus solide. Créé en 1798, maintes fois rénové, c’est aussi le plus ancien musée d’Art moderne, presque une spécialité. Les 900 peintures qui s’y déploient sur 6 500 m2 ont attiré l’an dernier plus de 167 000 visiteurs.

Les multiples chantiers du grand Sud
On l’a dit précédemment, la route du littoral ne croise pas beaucoup de musées parmi les trente premiers. C’est que beaucoup d’entre eux sont en cours de rénovation. On n’en compte pas moins de 30 au niveau national. Les collectivités locales ont récemment pris la mesure du formidable levier que constitue un site culturel tant vis-à-vis du tourisme et de l’image de la ville qu’en direction de la population locale. Les lois de décentralisation ont donné les moyens d’agir aux élus locaux. Rappelons que contrai­rement à une idée reçue, les musées appartiennent dans leur très grande majorité aux communes ou aux départements.

En 2006, plus de 60 millions d’euros ont été dépensés en rénovation de musées, dont plus de 16 millions pour des musées non nationaux. Ce qui est finalement assez peu en comparaison avec le coût de construction du seul Quai Branly (270 millions d’euros). En réalité ce montant ne prend pas en compte les musées non encore classés. C’est le cas du musée Fabre à Montpellier qui a rouvert en mars 2007 et propose une exposition sur l’impressionnisme (p.64). Ou encore du Mucem à Marseille (L’œil n°592) qui occupe depuis peu une salle du fort Saint-Jean avant la construction d’un nouveau site. Marseille toujours, où le musée des Beaux-Arts est fermé pour encore de longues années de travaux. Plus loin vers l’Italie, le musée Picasso d’Antibes est lui aussi fermé, alors que le musée Matisse à Nice, fermé depuis octobre 2006, rouvre ses portes cet été avec une expo Matisse comme il se doit (p.59).

Plus à l’ouest, notre grand voyageur, s’il n’est pas encore atteint d’indigestion culturelle, terminera sa route des grands crus par l’inattendu musée Ingres de Montauban. Inattendu car avec 2 000 m2 de surface d’exposition, ce n’est pas un grand musée régional. Il est vrai que l’année Ingres a quelque peu dynamisé la programmation. Raison de plus pour le visiter, avant de terminer par Toulouse qui ne comporte pas moins de 3 musées parmi les 60 premiers. Contre toute attente, ce ne sont pas les deux musées historiques qui occupent la première place. Ni le musée des Augustins (34e) installé dans un magnifique bâtiment conventuel médiéval, ni le musée Saint-Raymond (52e) dédié à l’histoire de Toulouse dans l’Antiquité. Ce sont « Les Abattoirs », un musée récent (2000) d’Art contemporain qui occupe une 12e place nationale (et donc première en local). Un rang d’autant plus notable que, en dehors du Centre Pompidou, il n’est pas facile à un musée d’Art contemporain de figurer dans le haut du classement. L’institution s’est installée dans les anciens abattoirs de la ville, un bâtiment du xixe. Elle symbolise l’appétence toute particulière de la Ville rose pour l’art contemporain, comme en témoignent la commande pour la ligne B du métro ou en encore le Printemps de Toulouse, un festival d’art actuel, en automne.

Jean-Christophe Castelain

En chiffres

3,50 € : tarif médian.
Il y autant de musées dont le prix d’entrée est supérieur à 3,50 € (par exemple Le Louvre à 8,50 €) que de musées dont le tarif est inférieur.

37,2 millions de visiteurs.
En progression de 1 % par rapport au Palmarès des musées 2006. Un chiffre en trompe-l’œil car, mis à part les grands musées parisiens, la médiane est de -1 %.

56 % de touristes.
Une large définition qui associe le touriste chinois qui fait le tour de l’Europe en 7 jours à l’amateur averti qui se déplace spécialement dans une ville pour visiter un musée ou une exposition.

12 % de scolaires.
Et pour 65 musées, les scolaires représentent plus de 40 % de leurs visiteurs.

46 : nombre médian quotidien
de visiteurs.
L’importante fréquentation des grands musées est l’arbre qui cache la forêt. Les petits et moyens musées manquent de public.

1076 expositions temporaires.
Soit une moyenne de plus de 3 expositions annuelles par musée. En progression d’au moins 20 % par rapport à l’an dernier.

38,7 M €.
C’est le total des dépenses pour toutes les expositions temporaires. À rapprocher du seul budget d’un film grand public tel que Les Bronzés 3 (27 millions d’€)

12 millions de pièces dans les collections publiques.
Dont 287 000 peintures, 135 000 sulptures ou installations et plusieurs millions de pièces archéologiques.

13 % de peintures exposées.
Les réserves des musées n’ont pas encore dévoilé tous leurs secrets.

252 000 participants aux conférences. Un indicateur supplémentaire de l’envie d’apprendre des visiteurs.

9 043 employés dans les 400 musées.
Dont plus de 1 000 conservateurs et attachés de conservation.

198 millions d’€ de recettes commerciales.
Calcul sur la base des 213 musées qui ont accepté de communiquer cette information. Les 3 majors parisiens représentent 58 % de ce montant.

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