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Les antiquités de marine toutes voiles dehors

L'Oeil - n° 593 - Juillet - août 2007

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Sextants, dioramas, commodes d’officiers de marine… Ces objets décoratifs évoquent, pour les collectionneurs, les voyages et les aventures maritimes. Et si collectionner c’était aussi partir un peu?

Pour avoir aidé l’homme à naviguer sur la mer, les instruments de grande précision ont la cote dans les collections nautiques. Les plus décoratifs sont les globes, de poche ou à poser. Ils se monnayent de 500 euros pour un petit modèle du xixe à plus de 100 000 euros pour les pièces anciennes importantes.
Né en 1757, le sextant en bronze mesure la latitude en mer et succède à l’octant en ébène ou acajou, apparu en 1731. S’il brille aujourd’hui dans les vitrines des collectionneurs, il était à l’origine peint en noir pour ne pas éblouir l’utilisateur. Certains amateurs le recherchent d’ailleurs dans cet état, « dans son jus ». Le chronomètre de marine, le cadran solaire et le compas, appelé aussi boussole des mers, complètent la panoplie du parfait navigateur… en chambre ! Il faut compter de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros pour ces instruments scientifiques souvent produits en série.

Corvettes, frégates et voiliers
Les maquettes de bateaux constituent un marché très actif de passionnés et de musées. Les modèles en bois construits avec un sens poussé du détail, suivant avec précision une échelle déterminée et portant le nom d’un bâtiment célèbre, s’arrachent quelques fois à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Il existe aussi des maquettes en ivoire de Dieppe, des dioramas (bateaux présentés en demi-coque et mis en situation dans des boîtes-tableaux), des navires en bouteille et des maquettes de ponton réalisées à partir d’os et de débris par les prisonniers français sur les bateaux-prisons de l’armée anglaise durant les guerres napoléoniennes.
Enfin, le mobilier de bateau, comme la malle de voyage et la commode d’officier de marine, est très à la mode dans la décoration. Au point que certains flibustiers tentent de faire passer nombre de copies contemporaines (normalement vendues autour de 300 euros l’unité) pour d’authentiques et rares antiquités de 5 000 à 10 000 euros pièce ! Ces pâles imitations n’auront en fait jamais navigué, sauf pour un unique voyage de Chine en Europe et en container.

Le mobilier de bateau endeuillé
Parce qu’il est solide, qu’il résiste aux variations hygrométriques et qu’il contient un puissant répulsif naturel éloignant les insectes, le camphrier, bois originaire d’Asie, était le matériau de prédilection pour le mobilier de bateau de fabrication anglaise. La commode, réservée aux officiers, est un meuble utilitaire très compact. Poignées et serrures sont incrustées car rien ne doit dépasser en façade. À partir de 1805, la commode fut habillée d’un liseré noir en ébène, en mémoire du vice-amiral Nelson, victorieux à la bataille de Trafalgar, mais qui y fut mortellement blessé. Les meubles de marine authentiques sont aujourd’hui rarissimes à trouver.
Commode anglaise d’officier de marine en bois de camphrier, liseré d’ébène, poignées
en bronze, fin xixe siècle. Hauteur : 1,15 m, largeur : 1,10 m, profondeur : 50 cm.
Valeur : 8 000 euros, collection particulière française.

Engouement pour les globes
Qu’ils soient terrestres, célestes ou lunaires, les globes et autres sphères sont incontestablement les instruments de marine les plus prisés. Ils ont eu une grande place au début de l’histoire de la navigation avant d’entrer dans toutes les bibliothèques et cabinets scientifiques au xvie siècle. Leur très grand pouvoir attractif va de pair avec leur aspect décoratif. Reflets des découvertes maritimes, ils sont évalués selon leur rareté, leur ancienneté, la qualité technique de fabrication et la précision de la gravure, leur taille (de 2,54 cm à plus d’un mètre) et leur état de conservation.
Paire de globes du xviiie siècle, signés du géographe Delamarche, diamètre des sphères : 18 cm, hauteur : 40 cm.
Adjugée 18 000 euros à Paris, maison de ventes Deburaux et Associés à Clamecy (Nièvre).

Maquettes : escale à Dieppe
Dès le xvie siècle, les marins dieppois se rendaient sur les côtes d’Afrique, dans un comptoir guinéen appelé le « petit Dieppe », et rapportaient des défenses d’ivoire. À peine débarquée, cette noble matière entrait dans les échoppes des ivoiriers dieppois qui réalisèrent quantité d’objets vendus ensuite à Paris et en Europe. La grande époque des maquettes de navire en ivoire de Dieppe se situe sous l’Empire et perdure un siècle. Les prix vont de 2 000 à 15 000 euros pour les plus beaux modèles, tels celui-ci. Présenté sous voiles, sabords ouverts et canons à poste, ce vaisseau est animé de nombreux marins et officiers en exercice, aux visages et costumes finement sculptés.
Maquette de vaisseau de 74 canons en ivoire, Dieppe, début du xixe siècle, dimensions maquette : 20 x 21 cm, socle en bois noir, collection Draeger.
Adjugée 17 500 euros le 15 décembre 2006 à Paris, maison de ventes Ferri.

Raz de marée de faux scrimshaws !
Tradition anglaise remontant au xviiie siècle, la gravure sur dents de cachalot occupait les marins en mer ou à terre entre deux périples.
Elle s’est généralisée au xixe siècle devenant une véritable mode. Selon leur taille et la qualité
du dessin, les dents de cachalots gravées, appelées « scrimshaws », valent de 500 à 1 500 euros.
Les sujets les plus recherchés restent les scènes de chasse aux cétacés, les vues de port et les représentations de bateaux. On trouve aussi des paysages, des portraits, des scènes de piété populaires ou érotiques. Mais attention : le marché est inondé de faux dont des copies en résine.
Dent de cachalot gravée et incrustée de nacre sur une face. Scène de chasse aux cachalots avec
deux baleiniers et leurs embarcations. Sur l’autre face, représentation d’un palais bordé d’un mur
et d’une haie d’arbres. Travail du xixe siècle. Longueur : 18 cm.
Adjugée 1 340 euros le 14 mai 2007 à Paris, maison de ventes Deburaux.

Armelle Malvoisin

Expertiser/Acheter

Bertrand Blin. 14, rue de la Félicité, Paris XVIIe, tél. 06 80 38 78 30. Chineur invétéré d’objets de bateau depuis 10 ans, cet antiquaire récupère des trésors maritimes sur les chantiers de démolition du monde entier : meubles, accastillage et objets scientifiques de navigation, essentiellement de la première moitié du xxe siècle. Boisgirard & Associés. 1, rue de la Grange-Batelière, Paris IXe, tél. 01 47 70 81 36. Avec l’aide de Liliane Marchand-Saurel, la maison de ventes propose deux ventes annuelles de marine. Bretagne Enchères . 32, place des Lices, Rennes (35), tél. 02 99 31 58 00. La maison de ventes aborde la spécialité sous la direction du commissaire-priseur Carole Jézéquel et de son expert reconnu Marc Pointud. Un ensemble est dispersé le 19 juillet à Dinard (Ille-et-Vilaine). Deburaux. 51, rue Decamps, Paris XVIe, tél. 01 42 24 80 76. La maison de ventes organise deux à trois ventes annuelles sur le thème de la marine et du voyage, assistée de Bruno Petitcollot, un vieux loup de mer dans ce domaine.

Pour en savoir plus

- Musée national de la marine Palais de Chaillot, 17, place du Trocadéro, Paris XVIe, tél. 01 53 65 69 69, www.musee-marine.fr C’est l’un des plus importants musées maritimes au monde, par l’ancienneté et la diversité de ses collections. Il forme un réseau de cinq établissements ancrés à Paris et dans les villes maritimes de Brest, Port-Louis, Rochefort et Toulon. - Le château-musée de Dieppe Rue de Chastes Dieppe (76), tél. 02 35 06 61 99, www.musees-haute-normandie.fr Installé depuis 1923 dans une ancienne forteresse du xve siècle, le musée est organisé en sections distinctes avec pour thème général la mer et tout ce qui s’y rapporte dont plus de mille objets en ivoire. - L’Objet de marine Jean Randier, éd. Gallimard, 2004, 182 p., 58 €. Avec plus de 600 photos en couleurs balayant un large panorama des objets inspirés par la mer, c’est le guide de référence des amateurs d’antiquités nautiques.

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