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L’art contemporain chinois existe-t-il  ?

L'Oeil - n° 592 - Juin 2007

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Le 21 mars 2007, la grande toile Bloodline : Three Comrades, signée Zhang Xiao Gang est vendue à New York par Sotheby’s plus de 2 millions de dollars. Une transaction record pour un artiste chinois. La peinture représente trois personnages masculins, casquettes et vestes à col Mao, sur lesquels court un maigre fil rouge. Mi portrait reprenant les codes du réalisme-socialiste, mi stylisation onirique, la série des Bloodline a bombardé son auteur chef de file d’une scène pourtant mal définie. « L’art contemporain en Chine n’a pas de système qui le soutienne, explique le critique Lu Peng, il repose sur des actes individuels ». C’est donc sur le marché international que s’échauffent les cotes chinoises (lire L’œil n° 591).
L’exposition du Louisiana Museum of Modern Art opte elle aussi pour un regard occidental, celui de Sacha Lainovic, à l’origine de la collection Estella. Hypothèse de travail : il n’existe pas d’art chinois, reléguant aux oubliettes la fiction d’une culture nationale homogène, d’autant que nombre des artistes exposés migrent d’une culture à l’autre, de références orientales en contextes occidentaux.
De l’émergence de l’avant-garde au milieu des années 1980 à nos jours, la collection suggère un panorama possible, toutes expressions confondues : quelques têtes d’affiche, Zhang Xiao Gang et sa série Bloodline, Huang Yong Ping, Zeng Fanzhi ou Ai Waiwei, photojournalisme, iconographie pop et facture réaliste, performances, rituels, techniques traditionnelles et idéogrammes revisités ou déconstruits, les différents outils travaillent pour beaucoup la relation de l’individu à la société, face au collectivisme et à la brutalité des mutations urbaines et économiques.
En témoigne la large présence de Zhang Huan qui fonda une communauté d’artistes en périphérie de Pékin dans les années 1990 avant de regagner New York (voir portfolio p. 95). Son travail engage le corps comme outil de communication. Comme cette performance réalisée en 1994 durant laquelle il engageait le public à assister à l’assaut des mouches sur son corps nu enduit d’un liquide visqueux et nauséabond. Comme cette autre série photographique, pour laquelle l’artiste se fait écrire sur le visage par des calligraphes, jusqu’à ce que son visage devienne noir. « Je ne peux pas dire qui je suis, conclut Zhang Huan. Mon identité a disparu. »

Manou Farine

« Made in China. Works from the Estella Collection », Louisiana Museum of Modern Art, Gl Strandvej 13, Humlebæk (Danemark), tél. 00 45 4919 0719, www.louisiana.dk, jusqu’au 5 août 2007.

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