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Hélio Oiticica

La couleur en mouvement

L'Oeil - n° 592 - Juin 2007

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Figure très mal connue de la scène brésilienne contemporaine, Hélio Oiticica (1937-1980) compte pourtant parmi les artistes d’avant-garde des années 1950-1970 dont la démarche a grandement contribué à la remise en question de la nature et de la fonction de l’œuvre d’art. Peintures, travaux sur papier, reliefs et sculptures, mais aussi installations et environnements, constituent le corpus d’une œuvre dont le leitmotiv est la couleur et le rapport au corps le mobile fondateur.
Dans les années 1950, l’art d’Oiticica affiche d’évidentes affinités avec le modernisme de Malevitch, de Klee et de Mondrian. Il expose alors avec le Grupo Frente de Rio de Janeiro puis développe par la suite un ensemble de peintures monochromes, dont les Metaesquemas, d’une radicalité conceptuelle avant la lettre, dans une familiarité plastique qui n’est pas sans faire penser aux papiers découpés de Matisse.
Fou de couleur, il s’applique à en faire valoir les qualités substantifiques dans une série intitulée Bolides (1963-1969), boîtes et bouteilles contenant du pigment pur et divers autres éléments exaltant ce dernier. Par ailleurs, il réalise un ensemble d’objets-vêtements, dits les Parangolés (1964-1979), qu’il présente comme des peintures à porter, voire à habiter.
Combinant couleur, rythme et musique, Hélio Oiticica conçoit différentes performances destinées à stimuler les sensations tactiles et visuelles des spectateurs, les invitant ainsi à de véritables cérémonies initiatiques. La danse, samba en tête – Brésil oblige ! –, y est employée à faire que la couleur ne soit plus en aplats inertes mais produise l’illusion qu’elle est en plein mouvement. Une autre façon de rendre compte du dynamisme chromatique en élaborant une esthétique nouvelle qui balance entre picturalité et expression corporelle. En cela, l’art d’Hélio Oiticica est véritablement pionnier comme nous le rappelle heureusement l’exposition rétrospective de la Tate Modern. Comme l’avait fait, de son côté, il y a une quinzaine d’années, la galerie nationale du Jeu de Paume.

Philippe Piguet

« Hélio Oiticica : The Body of Colour », Tate Modern, niveau 4, Londres (GB), tél. 020 7887 8888, du 6 juin au 23 septembre.

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